Simplet, en effet. Fernandel réalise une comédie provençale dont le pittoresque attaché aux personnages et à la vie communale est forcé. On peut oublier Pagnol.
Le scénario de Carlo Rim est médiocre, c'est déjà la principale explication de la faiblesse du film. On sent que l'écriture navigue à vue, sans beaucoup de suite dans les idées, à commencer par cet antagonisme ancestral entre les villages de Miéjour et de Rocamour, qui n'est pas développé. Curieuse fausse piste. Le rôle de braconnier hargneux joué par Andrex est lui aussi tout aussi vain. On trouve un certain nombre de figures méridionales, du maire au Papet centenaire, qui sont toutes des archétypes méridionaux sans grand talent.
Fernandel joue Simplet, le fada de Miéjour, dont l'innocence semble porter chance au village. C'est, à mi-film, le sujet futile qui se met en place. L'acteur-réalisateur tente de faire vivre ce personnage de candide qui parle aux oiseaux, un peu poivrot, un peu amoureux, un peu gaffeur. Mais Fernandel ne parvient pas à en faire une figure drôle ou attachante parce qu'elle est mal caractérisée et qu'il la met en scène dans des situations dérisoires. On en revient à l'insuffisance de l'écriture.