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le 7 juin 2021
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Le film noir a, dans son essence même, été un vivier à clichés. Par son iconisation des figures, l’attention expressionniste apportée aux décors, la création d’une atmosphère nettement identifiable...
Sorti en 2005 et réalisé par Robert Rodriguez, Sin City est l'adaptation d'une série de comics de Frank Miller. L'auteur du comics est co-scénariste avec Robert Rodriguez et il y a même une scène du film mise en scène par Quentin Tarantino. Le film se présente sous la forme de trois sketchs, à propos de trois marginaux qui font parler la violence dans une ville corrompue (d'où le titre du film Sin City). C'est une histoire de gouttes de sueur mélangées au sang, avec des larmes ... et un peu d'amour aussi.
Nous avons donc trois histoires centrées sur trois personnages. Tout d'abord, Hartigan (Bruce Willis) est un flic intègre, ce qui se fait rare à Sin City, dont la mission est de débusquer un pédophile interprété par Elijah Wood et dont l'identité est peut-être liée au pouvoir en place (protégé par les puissants). Ensuite, Dwight (Clive Owen) est un solitaire et homme à femmes, qui va aider/protéger les prostituées dans les quartiers reculés de Sin City. Enfin, Marv (Mickey Rourke) est un ex-taulard et colosse qui n'a qu'une seule idée en tête, retrouver le tueur de celle qu'il aima le temps d'une nuit.
Le traitement graphique du film oblige, tous les personnages ont cet aspect humain qui se superpose avec des personnages de super-héros presque et invincibles. C'est à la fois la force et la faiblesse du film. Parfois, le spectaculaire, l'ultraviolence et les scènes d'actions les plus invraisemblables les unes que les autres, font qu'on décroche un peu d'un point de vue émotionnel. Et puis, comme tous les films à sketchs, les trois histoires ne se valent pas toutes et chacun ira de sa préférence.
Personnellement, j'ai une grosse préférence pour le personnage de Dwight qui va aider des prostituées à se défendre contre Jackie Boy (Benicio Del Toro). C'est d'ailleurs dans ce segment que Quentin Tarantino a filmé une très chouette scène en voiture, une discussion surréaliste entre Dwight et le cadavre de Jackie Boy. J'aime beaucoup aussi le segment avec Marv, personnage touchant au physique de brute épaisse. Et pour le segment avec Bruce willis, c'est peut-être celui que j'aime le moins, en partie à cause de son découpage. Comme il est coupé en deux pour être monté en début et en fin du film, on a du mal à s'attacher au personnage incarné par Bruce Willis. Alors OK, je comprends la volonté d'éclater le récit, un peu comme dans Pulp Fiction, mais pour le coup ça n'apporte aucun intérêt et même au contraire.
Mais quel que soit le segment, le film adopte le même style graphique. Le visuel du film, c'est le véritable fil conducteur des trois histoires. C'est ultra stylisé, un peu comme pour le cinéma de Zack Snyder. Et le lien est vite trouvé avec Frank Miller, auteur de 300 et de Sin City. Tout est filmé en fond vert et à ma grande surprise, pour moi qui généralement déteste les fonds verts, ici c'est très réussi. La colorimétrie est très particulière avec un rendu "film noir" fort bien réussi. Le noir et blanc est donc privilégié, avec des teintes de couleurs qui viennent perturber l'équilibre esthétique, comme par exemple le rouge qui annonce à la fois l'amour (le rouge à lèvre) et la mort (le sang).
Les trois acteurs principaux sont très bons, mais Clive Owen est clairement au dessus des deux autres. C'est peut-être parce que Dwight est mon personnage préféré, mais toujours est-il qu'il leur vole la vedette. Son face à face avec Benicio Del Toro y est aussi pour quelque chose, parce que ce dernier est vraiment excellent en flic sadique et pourri jusqu’aux os. Quant aux personnages féminins, c'est peut-être un peu too much. Ce sont toutes des femmes fatales ultra sexualisées. Je suppose que si c'est si violent et aussi "sexe", c'est pour être fidèle au comics de Frank Miller que je n'ai pas lu. On sent la filiation avec 300, que je n'ai pas lu non plus, qui lui aussi se faisait remarquer pour sa violence exacerbée et ses scènes de nu décomplexées.
Bref, bien que inégal, film à sketchs oblige, Sin City est propose une revisite du film noir assez réjouissante. C'est bourré d'action, avec une pointe d'humour noir et on ne s'ennuie pas une seule seconde. On aime ou on n'aime pas le cinéma de Robert Rodriguez, mais il a au moins le mérite d'être distrayant. Et pour le coup, Sin City est peut-être bien son meilleur film avec Une Nuit en Enfer.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films de super-héros, Les meilleurs films des années 2000, Les meilleurs films avec Bruce Willis, Les meilleurs films avec Benicio del Toro et Les meilleurs films où une ville est à l'honneur
Créée
le 11 févr. 2025
Modifiée
le 13 févr. 2025
Critique lue 275 fois
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