Empruntant un peu aux cinémas de Robert Rodriguez et Quentin Tarantino, Ryan Coogler signe ici un scénario original et nous gratifie de l'une de ses meilleures réalisation. Se passant en Louisiane lors de la période de la Ségrégation/Prohibition, "Sinners " nous fait suivre l'histoire de 2 frères jumeaux, anciens soldats de guerre et ayant un lourd passé de gangster à Chicago (interprétés par Michael B. Jordan et soutenu par une nouvelle technologie, on y voit que du feu), revenus dans leur ville natale pour lancer une nouvelle affaire et s'offrir un nouveau départ. De l'argent plein les poches, les 2 frères vont organiser une soirée d'inauguration pour leur nouveau business sauf que la soirée va prendre une tournure macabre à cause d'un invité surnaturel x)
Disons le clairement : l'immersion est palpable, tant les figurants et les lieux plein de vie, couplés à de longs plans séquences, nous transportent dans cette Louisiane où se mélange toute une culture Afro-Américaine de l'époque. Sur un peu plus de 2H, le film peut se découper en 2 grosses parties : une première qui fixe le cadre, les personnages, leur donne de la consistance, beaucoup de lieux ouverts; et puis une deuxième partie dans un lieu clos, où la tension et le sanguinolent prennent le dessus lors d'une soirée festive de tous les excès, de tous les péchés. A ce propos, le titre est bien choisi car le coeur du film traite de personnages variés mais tous forcément rattachés à des péchés capitaux dans leurs vies. Le casting et la direction d'acteur font mouche : tous brillent à leur façon (et je tire mon chapeau à Miles Caton, premier rôle tout court au cinéma et rôle principal, qui joue et chante super bien le Blues). L'invité surnaturel n'est pas en reste, aussi inquiétant que rassurant, un mix étrange qui fonctionne.
Malgré des scènes d'actions un peu brouillonnes, on ressent une vraie tension quand le huit clos se lance et ceux jusqu'aux premières lueurs de l'aube. Pour nous permettre de relâcher cette pression, un humour savamment distillé fonctionne à la perfection, sans jamais tourner le film à la dérision. Au delà de ça, l'oeuvre aborde pas mal de mysticisme et de croyances diverses dont Ryan Coogler se sert pour nous embarquer dans des scènes inédites (dont une complètement folle en terme de sound design/ingéniosité, où les esprits passé/présent/futur de la musique ne font qu'un, une vraie claque musicale que ce melting pot artistique).
"Sinners" est pour l'instant la plus grosse claque que j'ai pris de 2025. Audacieux, inventif, original par son script et ses personnages (restez jusqu'à la fin, 2 scènes additionnelles vous attendent dont une qui apporte beaucoup à l'histoire), une maîtrise rare de la mise en scène pour un vrai bon moment de cinéma (et qui met vraiment un point d'orgue sur le Blues, la musique joue un rôle central dans cette oeuvre et il faut le souligner quand c'est aussi qualitatif).