Je vous encourage à ne pas faire comme moi, c’est-à-dire payer une place de cinéma pour aller voir ça.
Politiquement, j’aime beaucoup l’idée de dépeindre les blancs comme des démons qui vont attaquer des noirs. C’est malheureusement pertinent par rapport au fonctionnement de la société. Cependant, c’est amené de manière maladroite, surtout lorsque des Afro-américains sont à leur tour contaminés par les vampires blancs et commencent à s’attaquer entre eux.Et puis la blague un peu sexiste en mode « ah mec pour garder une meuf faut lui faire des cunnis » en étant ultra lourd c’est vaguement amusant une fois, quand le scénariste (et réalisateur) Ryan Cooglerfait la blague 5 fois c’est au minimum de la paresse dans l’écriture.Pour moi, les meilleures scènes sont celles avec Preacher boy (Miles Caton), j’ai vu des critiques parler du fait que les personnages sont attachants, j’ai pas vraiment trouvé que c’était le cas mais j’ai plutôt bien aimé suivre Preacher boy par contre. La scène où il chante dans le club est cool, la représentation de la souffrance de la communauté noire autour du blues est intéressante à rappeler dans l’idée. Le problème c’est que ça débouche aussi sur du grand n’importe quoi où on nous montre des gens qui s’ambiancent sur du blues dans un univers contemporain à plusieurs reprises (c’est déjà un film trop bavard, Ryan Coogler tu nous as déjà dit à plusieurs reprises dans les dialogues que le blues rassemble, qu’il se transmet de génération en génération, qu’il est un héritage, pourquoi devoir encore faire plusieurs scènes pour bien insister lourdement là-dessus). La bande son est bien globalement, la scène de transe collective est sympa également mais elle ne débouche sur rien. C’est assez étonnant de noter aussi qu’un film qui se veut représentatif de la communauté afro-américaine fasse composer un univers musical autour du blues par Ludwig Göransson, un compositeur blanc.En termes de films de vampire, rien que récemment, je trouve Nosferatu de Robert Eggers bien meilleur par exemple (même s’il se base sur un univers déjà existant).Il faut saluer tout de même la volonté de Ryan Coogler de dénoncer le suprémacisme blanc, c’est un geste politique courageux pour un noir américain (je serais pas surpris qu’il reçoive des menaces de mort vu la popularité actuelle de l’extrême-droite aux US).Une dernière chose: pitié arrêtez de vouloir copier les Marvel en faisant des scènes post-générique. C’est déjà pas terrible comme idée à la base pour les Marvel que j’ai vus, mais là ça fait vraiment superficiel.