Nous pêchons nos péchés, faisant la prêche tout en succombant à tout ce à quoi on tente de résister.
Ce n'est pas notre âme qui côtoie nos ténèbres, ce sont elles qui veulent prendre le dessus.
Sauf que l'âme, c'est la lumière dans toute cette obscurité.
La passion, toujours aveugle, jamais sourde, elle aime beaucoup parler mais elle déteste regarder en face, regarder cette réalité. La Vérité pure, blanche, immaculée.
On parle toujours des ténèbres au pluriel, car elles sont toujours multiples, jamais isolées.
C'est comme s'il fallait porter plusieurs couches, faire du layering, nos ténèbres sont comme nos péchés, elles se comptent par milliers, mais une seule bonne action peut faire en sorte d'en effacer quelques unes, en simultané. Une bonne action compte plus qu'un seul méfait.
Mais un des plus grands méfaits de l'humanité reste de croire qu'on peut ôter la vie, sans se douter qu'un jour, ça sera notre souffle qui nous sera ôté.
C'est grisant, de se baigner dans l'eau trouble des tentations. C'est un peu comme un bain de minuit, on se laisse couler dans l'obscurité, on fait un avec notre noirceur.
On pense même que ça nous définit. Qu'on est ce qu'on fait, qu'on devient des monstres, ou plutôt qu'on l'était déjà.
On se convainc de ça. Point de pardon pour sa propre personne, c'est le désespoir qui nous laisse glisser, ce même désespoir qui nous fait porter ces valises lourdes, ces couches d'immondices jusqu'à ce qu'on croit qu'elles sont notre peau.
Il suffirait juste de laver tout ça à l'eau claire pour voir ce qu'il y avait en dessous.
Je pense que la musique vient d'ailleurs. On a dû nous insuffler ça à notre oreille, ça soigne mais ça empoisonne.
On a écouté les sons d'une autre dimension, peut être pour ça que ça parle à nos tripes. Apparemment, la musique aurait le même effet que la sexualité, et quand on sait comme ça retourne le cerveau, on tombe vite dans l'addiction et les excès.
La musique, ça a une histoire surtout. Une histoire qui nous concerne, elle parle beaucoup à nos émotions, car je la vois comme le fruit d'un nœud émotionnel que la gorge a du mal à sortir.
Comme l'expression de "je l'ai en travers de la gorge", un truc du genre.
La musique, ça vient juste libérer la parole qu'on a du mal à dire. Ça dénonce la rage, le désespoir, la mélancolie, la fragilité, la tristesse, et les combats qu'on fait, l'amour, souvent désastreux, parfois heureux, les douleurs, même lorsque la musique est entraînante, surtout lorsque la musique est entrainante, elle cherche à nous faire oublier, tout en nous ramenant à nous même.
Les notes rendent ivres. Et c'est cette ivresse qui nous fait perdre pied, on rentre en trance, on n'arrive plus à s'arrêter, le corps se libère, de ses vieux démons, en dansant avec eux.
Bizarre, comme sensation.
Et c'est cet apesanteur, ce ressenti vertigineux qui nous pousse à gratter une guitare, à entrer en communion avec notre passé, nos ancêtres.
Un peu comme faire une séance de voyance.
Je pense que tous les sujets qu'abordent ce film sont liés. Les péchés nous enlisent, nous conduisent à être face à des gens peu fréquentables, qui nous poussent à être des gens peu fréquentables.
C'est là où on voit l'importance de la bonne compagnie, de s'entourer de personnes positives, le mal amène le mal, même si on avait une bonne intention au départ.