Sur le papier, tout est là. À l’écran… ça se disperse.
Sinners démarre fort : une ambiance soignée, une époque intrigante, une vraie volonté de proposer un film engagé. On sent l’ambition dès les premières minutes. Problème : le film veut tout dire, tout symboliser, et finit par ne rien conclure clairement.
Le récit s’éparpille entre :
- le mal incarné par les Blancs (métaphore lourde et mal cadrée),
- les vampires (?? symboliques, politiques, fantastiques ? jamais tranché),
- le père / le diable / la musique comme forces occultes,
- et les jumeaux, idée brillante sur le thème de la double face… mais très mal exploitée.
La musique, en revanche, est clairement un point fort : elle porte le film, parfois même plus que le scénario. Sans elle, certaines scènes tomberaient complètement à plat.
Autre frustration majeure : les Indiens, introduits dès le début du film, laissent espérer une piste narrative ou symbolique forte… totalement abandonnée par la suite.
Au final, Sinners ressemble plus à un pilote de série qu’à un film abouti. Trop de fils narratifs, trop de symboles, pas assez de décisions. Le film hésite constamment entre horreur, fable politique, drame historique et mythe surnaturel — et cette hésitation lui coûte cher.