Critique spontanée, en sortant du BIFFF. Au moins une quinzaine d'années que je n’y avais plus mis les pieds. Je suis heureuse, rien n’a changé.
44e édition du Festival et, toujours, cette indicible ambiance prépubère dans la salle : applaudissements aux revirements de situation, ça hurle « La Porte ! » dès qu’un personnage ne la referme pas derrière lui, « À Poil ! » au moindre retrait de chaussette, … Bref, une réunion massive de cancres des bancs du fond et une atmosphère bon enfant comme nulle part ailleurs.
Avant la projection, le réalisateur Seong-Jin Moon nous confiera qu’il s’agit de son premier long-métrage ; une commande pour réaliser le remake de La Disparition d’Alice Creed. Il dira aussi que le budget était restreint, mais qu’il devait saisir sa chance. L’exploitation des jeunes talents n'a pas de frontière et cela ne date ni d’hier, ni d’aujourd’hui.
Trois bons acteurs, un huis clos, un bâtiment à l’abandon, des décors bricolés et le tour nous est joué. Malgré un scénario réchauffé (un kidnapping et une demande de rançon), un low budget et le manque d'expérience, le réalisateur coréen nous prouve cependant, avec ce thriller criminel, qu’il a de la ressource. Ses plans sont sans prétention mais pertinents ; comme les plongées sur la victime attachée au lit, Cha Joo-Young, pour mieux intensifier sa soumission. Ou encore, les plans en contre-plongée sur l’excellent Lee Soo-hyuk (S Line) exagérant, ainsi, sa stature dominatrice et le sadisme de son comportement.
Je soulignerai aussi le travail remarquable du son et, notamment, la prédominance sonore des impacts qui accompagne les coups de poing du ravisseur : on se les mange aussi.
Contrairement au scénario original, le second kidnappeur est une femme, Jung Ji-So (Parasite), la soeur cachée de la captive ; ce qui tissera des interactions particulières, je ne vous en dis pas plus.
On relève une erreur de timing au montage et un ou deux passages plus creux. Enfin, on profite de quelques respirations au rythme plus lent pour goûter à l'ultra violence d'une fin sauvagement réussie, suivie de son accalmie. Les notes peu élogieuses affichées pour l'instant semblent ne pas tenir compte qu'il s'agit d'un premier film. Un réalisateur prometteur qui mérite pourtant des encouragements.