Industriel pressé et très occupé, Serge Charan découvre le jour de de ses cinquante ans qu'on peut prendre plaisir à ne rien faire et à flâner. Il fait un break, comme on ne disait pas à l'époque, prend le premier train et fait aussitôt la connaissance de six jeunes filles en blanc en route pour leur pensionnat, dont l'une d'elles, Simone, a l'air moins sotte que les autres.
Fable philosophique ? Eloge du repos bien mérité ? Certainement pas. Le film du très singulier Yvan Noé - les trois films que je connais de lui m'autorisent à penser qu'il un scénariste-cinéaste extravagant autant que maladroit- n'est rien d'autre qu'une insignifiante comédie sentimentale dès lors que l'avenant industriel joué par Jean Murat, pris pour un explorateur, fait fantasmer, à son corps défendant, des demoiselles éprises de romanesque.
Le générique très kitsch de la comédie fait saliver mais il restera le seul moment saugrenu du film, lequel produit, à travers l'adolescente Simone (Janine Darcey, évidemment déjà trop âgée pour le rôle), une image de la jeune fille particulièrement futile et stupide. La faiblesse du film tient à l'indigence du scénario et encore plus à ses personnages sans matière, car le réalisateur ne saisit pas l'occasion de faire un portrait sensible de jeune fille ou celui d'un quinquagénaire nostalgique, sans lesquels le sujet n'a aucun sens ni intérêt.
Au lieu de quoi, Yvan Noé poursuit une seule idée : l'amour, c'est entre personnes du même âge. Pas transcendant.