1957. A une époque où des types comme Little Richard, Chuck Berry et Jerry Lee Lewis se produisaient sur scène, remuant furieusement nos os du bassin et des genoux, les bombes nucléaires soviétiques se fracassèrent sur le sol américain. Quarante ans plus tard, une annonce radio fait état de la mort du magnanime Elvis, patron de la dernière ville américaine encore debout, Las Vegas. Six-String Samurai dépeint cette traversée du désert de la dernière réincarnation de l'épopée rockabilly des années 50, Buddy Holly. Armé d'un sabre aiguisé et du pouvoir du rock'n'roll gracieusement légué par Marty McFly, Buddy va croiser le chemin d'un gamin, le Kid, plutôt doué en mécanique, à la recherche d'une idole parentale.

Or, ce pot de colle ambulant met constamment en péril le voyage entrepris par Buddy. Ses hurlements à répétition pour avertir le danger font dresser les poils et les serrer les poings, son soutien est moins efficace qu'un tas de sable destiné au camouflage et son charisme se range aux côtés de celui de Jake Lloyd (La Menace Fantôme).
Si cet élément constituait la seule tâche du film, l'ensemble aurait pu jouir d'une ambiance post-apocalyptique vraisemblable. Que nenni. Le maquillage et les costumes donnent cette fâcheuse impression que les figurants se sont amusés à découper les manches et à rouler de leur propre chef dans le sable avant de démarrer le tournage d'une scène. Aucune trace d'irradiation, pas de déformations physiques, zéro référence au conflit nucléaire mentionné au générique d'ouverture.

En outre, malgré le professionnalisme de Jeffrey Falcon dans les arts martiaux, le résultat est laminé par le montage hasardeux et l'absence totale de gore des scènes de baston. La consternation se poursuit lors du duel final contre la Faucheuse, déguisée en Slash, le guitariste chapeauté, dans une conclusion façon le Magicien d'Oz, puisque l'eau est naturellement l'ennemie numéro un du métalleux.

Les lacunes de Six-String Samurai jaillissent bien trop à l'écran pour le supporter comme un nanar hilarant. On aurait bien voulu le traduire comme un épisode bonus de la série Highlander, mais il s'apparente plutôt au Highlander : The Source.

That Won't Be The Day.
Slade
3
Écrit par

Créée

le 3 avr. 2013

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