"Le Sixième sens" n’est pas la suite de "Le Cinquième élément" (à ne pas confondre s’il vous plait) malgré la présence de Bruce Willis dans les 2 films. "Le Sixième sens" est en réalité le troisième film de M. Night Shyamalan, qui grâce à ce film, fît ascension d’illustre inconnu à réalisateur culte. Je vous propose donc de découvrir ou redécouvrir ce classique du suspense horrifique.
Le Dr. Malcolm Crowe (Bruce Willis) vient d’être honoré par la ville pour son travail exceptionnel accompli en tant que pédopsychiatre. Alors qu’il fête avec sa femme chez lui, un de ses anciens patients nommé Vincent (Donnie Wahlberg), maintenant jeune adulte, entre chez lui par infraction. Vincent menace Malcolm d’un fusil en lui disant qu’il ne l’a pas guéri comme il lui avait promis. Finalement, Vincent se suicide d’une balle dans la tête. Quelques mois passent. Malcolm rencontre un jeune garçon de huit ans, Cole Sear (Haley Joel Osment), ayant des symptômes similaires que Vincent. Le Dr. Crowe voit ainsi l’occasion de réparer les erreurs du passé en guérissant Cole de ses problèmes. Mais le jeune garçon a plus qu’un problème, il voit des fantômes. Est-ce que Cole a simplement des hallucinations, ou bien il est véritablement doté d’un sixième sens? Entre-temps, Malcolm voit sa relation avec sa femme dépérir. Elle semble prendre des distances depuis l’incident. La mère de Cole quant à elle, essaie de gérer sa vie tant bien que de mal, malgré le secret de Cole qui ne veut pas lui dévoiler.
Si vous pensez que "Le Sixième sens" est un film d’action à gros budget avec des explosions et des démembrements tous les dix secondes à cause de Bruce Willis ("La Mort vous va si bien", "Planète Terreur") à la distribution, et bien détrompez-vous. Le film navigue dans une ambiance lente et mystérieuse. Shyamalan se sert d’un montage lent ainsi que plusieurs ellipses afin de montrer que l’action principale qu’on veut nous montrer se situe sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines. En comparaison à un autre film de Bruce Willis, "Piège de cristal", l’action du film se déroule en l’espace de quelques heures. C’est ainsi que nous voyons un tout nouveau Bruce Willis, complet-cravate, qui offre une performance que nous n’avons pas l’habitude de voir. Son personnage est très tiraillé par la distance entre lui et sa femme, et le désir de guérir Cole de ses problèmes. Bruce l’interprète d’une façon très convaincante et très nonchalante. Probablement l’un des rôles les plus sérieux dans la carrière de l’acteur.
"Le Sixième sens" n’est pas seulement un excellent suspense horrifique, c’est également un drame humain, plus précisément porté sur la relation mère/fils. Si vous entrez aussi bien que moi dans l’univers du film, vous trouverez très touchante et réaliste la mise en scène de M. Night Shyamalan que porte aux personnages d’Haley Joel Osment et surtout celle de Toni Collette. Leurs interprétations sont vraiment exceptionnelles et ne laisseront personne indifférent. On croit réellement à leur relation difficile entre ces deux personnes. Lynn Sear étant une mère monoparentale, coincée entre l’amour pour son fils et l’incompréhension face à ce qu’il lui arrive, provoqué par son secret. Elle cherche véritablement un désir de communication avec Cole. Ce dernier est persécuté entre la peur provoquée par son secret et la peur du rejet des autres. En fait, mis à part le secret du petit garçon qui est un élément fantastique, le film dénonce très bien une relation familiale courante qu’on retrouve dans plusieurs familles différentes. Le réalisateur a très bien dirigé de ce côté là. On retrouve également une relation de couple en difficulté dans les personnages de Malcolm et Anna (Olivia Williams). Avec cet élément en plus, tout porte à croire que Shyamalan voulait démontrer avec son film que la communication est une chose essentielle dans tout genre de relation.
Le scénario du film est très intéressant. La première moitié du film, on ne sait rien du don de Cole et le réalisateur va dans la même lignée en laissant planer le mystère sur le petit garçon en ne dévoilant rien à l’écran. On a droit à quelques phénomènes étranges, mais nous n’avons aucune explication. Après la révélation que Cole fait à Malcolm, à propos de ses visions des morts, la deuxième moitié du film continue avec cette information en plus. Le film change alors de ton et devient beaucoup plus effrayant, puisqu’on assiste à toutes les visions du jeune garçon. Ces derniers font réellement peur tout en gardant un côté réalisme, sans tomber dans l’exagération ou le burlesque. Le contraste d’ambiance entre les deux parties du film se fait sans problème.
Il est impossible de passer à côté de la finale qui a tant fait parler. Je vais garder ma langue pour ceux et celles qui n’ont jamais vu ou entendu parler de la fin du film (SORTEZ DE VOTRE GROTTE SVP!!!). Cette dernière est à couper le souffle et est probablement un des revirements finaux les plus réussis dans le cinéma. Si vous pensez que ce film n’est bon que pour un visionnement, j’affirme que vous trouverez autant de plaisirs à revoir "Le Sixième sens", et ce, pour apprécier les détails qui vous ont échappé lors du premier visionnement et ainsi savourer la brillante réalisation de M. Night Shyamalan.
"Le Sixième sens" est une claque qu’on reçoit en plein visage. Je me rappelle encore de la première fois que je l’ai vu. Le film a certes changé ma façon de voir et d’analyser un long-métrage. Le film est déjà considéré comme un classique en son genre. À voir absolument avant votre mort!