S'il est vrai que le film a un côté de livret mode d'emploi pour micro-onde, il s'agit en réalité d'un froid jeté, d'une glaciation de nos émotions, allant jusqu'à l'irréalité et l'incompréhension. Tout l'esthétisme du film, l'absence de bande originale, sa photographie léchée, son décor urbain ou boisé, sa mise en scène prosaïque, enjoint le caractère inéluctable d'un fait profitable et nauséabond... et qui se poursuit.
Bercé d'un cynisme contemporain, lui aussi apparemment inéluctable pour évider la réalité, pour la désincarner, la désenchanter, il n'est pas qu'un film sur le fantasme et l'ordre économique culturel dominant de la sexualité (par une extrapolation sociale, par la fantasmagorie certes). Il est aussi une démonstration par l'absurde, un film sur le consentement du fait de son inexistence. Et cette inexistence justifie l'oeuvre - oeuvre qui oublie volontairement d'avoir une vision un peu plus morale ou frontale pour contrebalancer ce thème destructeur du non-consentement (qui peut devenir une forme de consentement en soi à condition d'un préalable).