L'auteure Julia Leigh passe à la mise en scène avec cette variation autour du thème de "La belle au bois dormant", remarquée au festival de Cannes en 2011 où la choucarde Emily Browning manqua de peu le prix d'interprétation féminine.
Si miss Browning est effectivement magnifique, hantant tout le métrage de sa grâce elfique, je ne peux malheureusement pas en dire autant du film en lui-même. Pas que le résultat soit désastreux, loin de là, la cinéaste parvenant tout de même à créer une certaine atmosphère inconfortable et parsemant son film de quelques idées formelles assez pertinentes.
Le problème vient d'ailleurs. Il vient de ce qui est au centre du film. La froideur d'un monde déshumanisé. Cliniquement mort. Tout le film de Julia Leigh suinte cette horrible odeur de mort, de cadavre en putréfaction. L'émotion n'a pas sa place dans "Sleeping beauty". Comme la beauté, finalement pervertie. On ne ressent rien face à ce spectacle, même pas de l'empathie pour l'héroïne qui nous restera étrangère du début à la fin.
Si Julia Leigh a su faire naître l'intérêt grâce à son sujet, à un univers proche du "Eyes wide shut" de Kubrick, elle n'a malheureusement pas su le maintenir à force de noyer son film dans la nébulosité la plus totale.