Sleepwalk with Me est une autofiction douce-amère, dans laquelle Mike Birbiglia mêle stand-up, récit de vie et réflexions intimes sur l’engagement, l’échec et l’angoisse de devenir adulte. Le ton est juste, l’humour discret mais efficace, et surtout, la sincérité désarmante.
Le film séduit par son honnêteté. Birbiglia n’essaie jamais de se rendre héroïque : il se montre vulnérable, bancal, et profondément humain. Sa mise en scène, très simple, épouse cette modestie, ce qui renforce le sentiment d’intimité. Certes, l’ensemble manque parfois d’élan ou de risques narratifs — on reste dans une zone de confort — mais cette retenue fait aussi partie de son charme.
Le somnambulisme, métaphore filée de son incapacité à affronter la réalité, est une belle trouvaille, même si on aurait aimé qu’elle soit un peu plus exploitée. Mais l’essentiel est ailleurs : dans cette manière de transformer le banal en matière à réflexion, de faire rire sans jamais nier la mélancolie.
Un premier film imparfait, mais sincère et attachant, qui laisse entrevoir une voix singulière dans le paysage du cinéma indépendant.
Note : 7.5/10