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La machine a cassé
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le 29 oct. 2025
Je sors de désintox et tu bois avec tes copines jusqu’à 4 heures du matin
Évocation de la vie de Mark Kerr, pratiquant d'arts martiaux mixtes, notamment sa lutte contre son assuétude pour les opioïdes.
Je le confesse sans détour : je me désintéresse souverainement du sport, de ses joutes viriles, de ses muscles hypertrophiés et de ses gladiateurs contemporains en quête d’une gloire fugace. Pourtant, Smashing Machine parvient à captiver même les plus réfractaires à la ferveur athlétique. Car il ne s’agit point ici d’un énième éloge du triomphe musculaire, mais d’une introspection où la chair se délite et l’âme vacille. Le film, sous ses dehors pugilistiques, s’avère une méditation sur l’effritement d’un être herculéen en apparence, mais fissuré de l’intérieur, vulnérable, presque pathétique dans sa quête de rédemption.
Loin de l’épopée sportive classique, le récit s’attarde sur l’épuisement d’un corps martyrisé, sur la lente désagrégation d’un mythe. Dwayne Johnson, abandonnant les oripeaux clinquants de ses rôles musculeux — ceux des Fast and Furious et autres exubérances dans le genre action —, incarne ici un homme aux abois, prisonnier de ses addictions et de ses démons intérieurs. Le comédien, qu’on disait monolithique, se révèle acteur de composition, capable de s’effacer en toute sobriété derrière son personnage. Ce rôle, peut-être le plus incarné de sa carrière, marque une rupture salutaire et pourrait constituer un tournant décisif dans son parcours, à la fois professionnel et symbolique.
Le réalisateur, dans une mise en scène rugueuse, s’intéresse moins aux coups portés qu’aux silences entre deux combats. L’arène devient le prolongement d’une psyché cabossée, un purgatoire où s’affrontent la volonté et la déréliction. L’épaisseur du drame se loge dans ces instants d’égarement, où la solitude suinte comme une sueur existentielle. La caméra scrute les moindres tremblements d’un visage que la douleur a buriné. On songe parfois à une tragédie antique travestie en chronique sportive.
Mais si le métrage fascine par sa sincérité et la densité de son interprétation, il n’échappe pas à certains tropismes culturels. Ce récit si typiquement américain du dépassement de soi, de la rédemption par la souffrance, finit par tourner au cliché. Et cette théâtralisation complaisante du couple en crise — il faut que ça cogne, que ça hurle, que ça fracasse des portes — confine parfois à la caricature. On en vient à souhaiter plus de retenue, plus de moments taciturnes dans ce vacarme émotionnel.
On demeure pourtant perplexe face à l’échec commercial d’une œuvre aussi dense et scrupuleuse. La pellicule, sans révolutionner le genre, s’élève bien au-dessus de la production courante par la sincérité de son propos et la justesse de son regard. L’acteur principal, enfin débarrassé de sa persona granitique, s’y dévoile dans une nudité morale et physique bouleversante. Bref, un film sobrement poignant, magnifiquement imparfait, où l’héroïsme se dissout dans la fatigue, et où le mythe s’effondre avec une grâce mélancolique.
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le 8 nov. 2025
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