Difficile de ne pas ressentir une profonde frustration devant "Smiley" de Michael Gallagher. Rarement un film n'aura à ce point gaspillé une idée de départ pourtant séduisante : un tueur d'Internet invoqué par un simple message sur un forum. Sur le papier, l'angoisse pouvait être au rendez-vous. À l'écran, elle se dissout dans une succession de clichés et d'erreurs grossières.
Dès les premières minutes, on sent que le film ne sait pas où il va. La mise en place est bancale, la narration s'éparpille, et l'intrigue donne rapidement l'impression d'une mauvaise improvisation. Les personnages ? De simples pantins, vidés de toute épaisseur psychologique, incapables de susciter la moindre empathie. Leur survie ou leur disparition devient une affaire d'indifférence, ce qui, dans un film d'horreur, est sans doute la pire des condamnations.
L'ambiance, censée être l'âme de tout bon slasher, est ici absente. Le montage nerveux ne masque pas la pauvreté de la mise en scène, et les quelques tentatives de tension tombent à plat, tant les effets de surprise sont téléphonés. Même la créature, ce "Smiley" au visage tordu par un rictus macabre, finit par prêter à sourire... pour de mauvaises raisons.
Le plus triste, c'est que "Smiley" avait les moyens de faire peur autrement, en explorant la peur moderne du numérique, l'effet boule de neige des défis en ligne ou la déshumanisation provoquée par l'anonymat. Mais ces thématiques restent à l'état d'ébauche, étouffées par une écriture paresseuse et un manque cruel d'ambition artistique.
Je ne peux m'empêcher de penser que derrière ce naufrage, il y avait de bonnes intentions. Mais le résultat final est si désordonné, si vide émotionnellement, qu'il devient difficile de lui trouver des excuses. Mon 2/10 reflète moins une haine qu'une immense déception face à ce qu’aurait pu être "Smiley" si seulement il avait su tenir ses promesses.
Un sourire figé, une promesse trahie : voilà ce que laisse ce film derrière lui.