Quand l'épouvante se tire une balle dans le pied

Difficile de ne pas ressentir une profonde frustration devant "Smiley" de Michael Gallagher. Rarement un film n'aura à ce point gaspillé une idée de départ pourtant séduisante : un tueur d'Internet invoqué par un simple message sur un forum. Sur le papier, l'angoisse pouvait être au rendez-vous. À l'écran, elle se dissout dans une succession de clichés et d'erreurs grossières.


Dès les premières minutes, on sent que le film ne sait pas où il va. La mise en place est bancale, la narration s'éparpille, et l'intrigue donne rapidement l'impression d'une mauvaise improvisation. Les personnages ? De simples pantins, vidés de toute épaisseur psychologique, incapables de susciter la moindre empathie. Leur survie ou leur disparition devient une affaire d'indifférence, ce qui, dans un film d'horreur, est sans doute la pire des condamnations.


L'ambiance, censée être l'âme de tout bon slasher, est ici absente. Le montage nerveux ne masque pas la pauvreté de la mise en scène, et les quelques tentatives de tension tombent à plat, tant les effets de surprise sont téléphonés. Même la créature, ce "Smiley" au visage tordu par un rictus macabre, finit par prêter à sourire... pour de mauvaises raisons.


Le plus triste, c'est que "Smiley" avait les moyens de faire peur autrement, en explorant la peur moderne du numérique, l'effet boule de neige des défis en ligne ou la déshumanisation provoquée par l'anonymat. Mais ces thématiques restent à l'état d'ébauche, étouffées par une écriture paresseuse et un manque cruel d'ambition artistique.


Je ne peux m'empêcher de penser que derrière ce naufrage, il y avait de bonnes intentions. Mais le résultat final est si désordonné, si vide émotionnellement, qu'il devient difficile de lui trouver des excuses. Mon 2/10 reflète moins une haine qu'une immense déception face à ce qu’aurait pu être "Smiley" si seulement il avait su tenir ses promesses.


Un sourire figé, une promesse trahie : voilà ce que laisse ce film derrière lui.

CriticMaster
2
Écrit par

Créée

le 29 avr. 2025

Critique lue 20 fois

Smiley

Smiley

4

MaximeDurand

le 20 févr. 2016

Suivre

Tout bêtement inutile

Bon alors que dire de ce film mise à part qu'il n'est AUCUNE raison d'exister. Le seul point positif de ce film, c'est l'histoire qui est plutôt originale (et encore...), et c'est tout ! Maintenant...

Smiley

Smiley

2

CriticMaster

le 29 avr. 2025

Suivre

Quand l'épouvante se tire une balle dans le pied

Difficile de ne pas ressentir une profonde frustration devant "Smiley" de Michael Gallagher. Rarement un film n'aura à ce point gaspillé une idée de départ pourtant séduisante : un tueur d'Internet...

Smiley

Smiley

1

MrFourchon

le 10 nov. 2014

Suivre

Worst slasher ever!

Improbable, inefficace, parfaitement impinable !!! Quand je dis impinable je ne parle pas de l'immense sourire d'Ashley, qui malgré sa détresse passe les 3/4 du film a sourire. Ce qui distraira le...

The Pervert's Guide to Ideology

The Pervert's Guide to Ideology

8

CriticMaster

le 30 avr. 2025

Suivre

Voir ce qu’on croit : un vertige philosophique captivant

Aujourd’hui, je vous parle de The Pervert’s Guide to Ideology, un documentaire réalisé par Sophie Fiennes en 2013, avec le philosophe Slavoj Žižek. J’ai mis 8/10 à ce film, parce qu’il m’a...

Après mai

Après mai

8

CriticMaster

le 30 avr. 2025

Suivre

Les braises d’un idéal : la jeunesse en quête de sens dans Après mai

Dans son film Après mai (2012), Olivier Assayas dresse un portrait sensible et nuancé de la jeunesse française du début des années 1970, marquée par l'héritage de Mai 68. À travers le regard de...

Battlestar Galactica

Battlestar Galactica

9

CriticMaster

le 3 juin 2025

Suivre

Le pouvoir sous pression : politique en apesanteur

Battlestar Galactica (2004) n’est pas seulement une série de science-fiction, c’est un laboratoire politique sous haute tension. Si je lui ai mis 9/10, c’est parce qu’elle réussit à conjuguer tension...