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Bien que Sœurs de Sang soit un des premiers films de Brian de Palma, il pourrait presque s'agir d'un film de maturité : très vite, on reconnait le style et l'approche du réalisateur. Il s'agit d'un condensé des thématiques et des techniques qui lui sont chères.
Dès la première scène, le gimmick du voyeurisme est abordé à travers le jeu télé "Matez, c'est gagné". De Palma emprunte très régulièrement cette thématique à Hitchcock, et fait d'ailleurs assez nettement référence à Fenêtre sur Cour, alors que le meurtre est observé par la fenêtre par la voisine d'en face (qui, pour encore plus de transparence, ira même jusqu'à utiliser les jumelles ; l'hommage est pleinement revendiqué).
Mais De Palma emprunte aussi à Hitchcock la thématique de la femme double en tant que base du scénario, que l'on retrouve bien évidemment dans Sueurs Froides, mais aussi dans bien d'autres films de De Palma (Body Double ou Obsession). En effet, la protagoniste interprétée par Margot Rider est imprévisible, une véritable Tyler Durden en puissance, ce qui donnera lieu à des scènes aussi surprenantes qu'horrifiques, rythmées par l'ambiance sonore tonitruante et expérimentée de Bernard Hermann.
Au même titre que John Travolta étudiera les bandes magnétiques pour révéler un attentat dans Blow Out, le personnage principal de Sœurs de Sang, journaliste, opte également pour une démarche d'investigation en cherchant des secrets enfouis dans des documents aussi bien papiers que numériques. Sœurs de Sang laisse beaucoup de place au mystère. La recherche du corps dans l'appartement n'ayant rien donné, la protagoniste est contrainte à une investigation autonome. Le fait de tourner autour du corps, dans l'appartement, sans le trouver rappelle beaucoup un autre film de Hitchcock : La Corde.
Appuyé par un casting de choix, avec notamment une Margot Rider outrancière et dérangée, pour qui c'est le premier tournage en rôle important et qui sera principalement connue pour ses rôles dans des films d'épouvante comme Black Christmas ou Amityville, ou encore un William Finley perturbant qui a déjà joué avec De Palma et prendra le rôle principal l'année suivante dans l'illustre Phantom of the Paradise, Sœurs de Sang obtient vraiment une ambiance particulière. Le split-screen, technique signature de De Palma, ajoute également une tension due à une impression de temps réel : chaque seconde devient précieuse, lorsqu'elle s'écoule également du point de vue des antagonistes.
Sanglant et horrifique, Sœurs de Sang n'est probablement pas un des De Palma les plus aboutis, mais il est un parfait exemple des capacités du réalisateur dans le genre du giallo, qu'il affinera avec Pulsions et Body Double.
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Créée
le 15 sept. 2020
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