Tarkovski n'aura fait que 7 longs métrages, "mais des bons" comme lui avait indiqué un ange dans sa prière de demande.
- Combien ferai-je de films ?
- 7.
- 7 ? C'est tout !
- Oui, mais des bons.
Le propos a rapporté par divers témoins dont son amie l'actrice Marina Vlady, tous deux chrétiens orthodoxes. Il est à la Russie ce que 2001 Odyssée de l'espace fut à l'Angleterre. J'ajouterai que ce film fut un des tous premiers titres à paraître en k7 vidéo VHS et Betamax en France. Il est impossible de le comprendre sans avoir lu la nouvelle de Stanislas Lem qui s'appuie sur le témoignage d'Aristote dans sa "Biologie" où il découvre une algue fleurie qu'une vaguelette dépose juste devant lui alors qu'il marchait de long en large, péripatéticien & sur cette expérience l'inventeur de la Logique, en démontrant l'existence de Dieu, et d'un Dieu forcément unique. Le spectateur n'a pas ces données au premier visionnage et s'égare dans les critiques médiocres de l'époque. Déjà apparait tout l'univers mystique environnemental des effets de Tarkovski pour tromper la censure en URSS. Il y a toujours réussi. Univers mystique qui se cache derrière des longueurs voulues pour endormir la vigilance contre le christianisme sous Brejnev. Tarkovski prend ensuite, non le contrepied de 2001 dont il n'a que faire de ce matérialisme angoissant de Kubrick, mais celui de Luis Buñuel dans "Leonor" avec Piccoli et l'actrice fétiche de Bergman, Liv Ullmann. Si nos chers disparus revenaient, au moins une, notre amour d'une vie, comment le vivrions-nous ? Selon Buñuel la pestilence de la mort touche le vivant jusqu'à le rendre fou. Selon Tarkovski, plaidant pour l'évangile de Jean sur l'épisode de Lazare ressuscité, la joie & en même temps l'annonce faite que le Messie sera mis à mort avant de ressusciter. Film trop complexe pour ne tenir que dans une critique. Le remake avec George Clooney est catastrophique, prouvant qu'Hollywood a détruit le cinéma américain d'art.

jesuisici
10
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à sa liste Les meilleurs films de science-fiction

Créée

le 19 déc. 2020

Critique lue 101 fois

jesuisici

Écrit par

Critique lue 101 fois

1

D'autres avis sur Solaris

Solaris

Solaris

8

Nushku

158 critiques

Solaristique & Métaphysique

L'esthétique de Solaris est un vrai délice, proche de l'avant-garde russe comme le constructivisme ou l'art de Malevitch (dualité représentée sur les deux affiches du film), jouant sur les formes...

le 17 févr. 2011

Solaris

Solaris

10

SBoisse

650 critiques

Le tout autre

Dans un proche futur, l’homme a découvert une planète recouverte d’un océan huileux qui pourrait abriter la vie. Une station spatiale est bâtie, des dizaines de chercheurs s’emploient à entrer en...

le 29 oct. 2018

Solaris

Solaris

10

DjeeVanCleef

401 critiques

L'aventure intérieure

Le choc indéniable : l'homme est le centre de l'univers. L'Homme : l'inconnu véritable. Solaris, La planète-divinité à l'océan tumultueux. Solaris, la promesse. Celle de tout recommencer. Elle te...

le 7 nov. 2014

Du même critique

Alice et le Maire

Alice et le Maire

1

jesuisici

62 critiques

Alice au pays des maires, veille.

Oublions un instant le scénario catastrophe qui n'invite même plus à porter un gilet jaune, la première constatation est l'effondrement du jeu de Fabrice Luchini. D'où la question qui tiraille le...

le 5 oct. 2019

Snowflakes Are Dancing

Snowflakes Are Dancing

10

jesuisici

62 critiques

Isao Tomita aime la France et ouvrit les synthétiseurs au Japon

Isao Tomita (22 avril 1932 - 5 mai 2016) rend hommage au compositeur français Debussy dans un album devenu célèbre dans le monde entier : "Snowflakes are dancing". Bien des morceaux ont furent...

le 26 oct. 2018

Salò ou les 120 journées de Sodome

Salò ou les 120 journées de Sodome

1

jesuisici

62 critiques

La pédérastie de Pasolini infiltrant le 7e Art dans la pornographique

Les critiques de leur temps ne s'étaient pas trompés, Pasolini a tout simplement montré ses fantasmes et sa vie sexuelle dérangée. Il est le premier à oser exhiber ses mœurs, alors que ni Sartre, ni...

le 31 mai 2019