Ma perception du film n'a eu d'égal que la longueur de son casting, cela fut long, très long.
Non pas que je m'attendasse à autre chose, connaissant Coppola et le sujet du film je veux dire, qu'à une accumulation de Ferrari, barres de lap-danse SUR-sophistiquées qu'on rentre dans le sac American Apparel© ou similaire-mais-là-n'est-pas-la-question mais SI quand même. Pendant cette longue heure quarante que je passais en fixant désespérément l'écran y cherchant une échappatoire quelconque, une faille, une once d'espoir, je devais bientôt me résoudre : oui je m'embêtais fortement.
Ah MALHEUR ! Ainsi donc cette chère et jeune Elle Fanning était tout à fait charmante et jouait tout à fait bien, Stephen Dorff me laissait franchement plus dubitative dans le rôle de ce père ignare, buveur, fumeur, et baiseur, et poseur. Dans les deux cas la prestation me laissait froide tant le script était mauvais et la direction des acteurs peu convaincante.
On pourrait croire à une once de sentiment vrai lors de la scène de la piscine - le travelling innutile qui n'est qu'un zoom - qu'on se surprend à espérer être la fin.
Coppola en soit, comme le dit très bien Goldie se regarde filmer et semble se délecter de ses succès passés sans innover en quoi que ce soit. Coppola semble expérimenter parfois et sort d'on ne sait où de longs plans qu'on pourrait croire fallacieux si du moins ils avaient un but : mais là non même pas, tout est limpide. A moins que cela ne soit une démonstration de l'extraordinaire téléobjectif qu'elle a du utiliser ? Remarquer que cette pseudo peinture de la piscine a du nécessiter une optique particulièrement onéreuse : on est en zoom x 10 au moins. Mais affatim de considérations financières.
Prétention donc de Coppola qui prétend mixer la platitude d'un sujet vu et rerevu avec une pseudo innovation artistique qui repose on l'a déjà dit au final, plus sur des scènes d'auto-contemplation que réellement efficaces. Je garde un arrière goût de kasher : à force de nous forcer la main dans le underground hardcore se reconvertissant en gentil écolo - abandonner une Ferrari© en plein désert et marcher, c'est classe (créez un groupe Facebook pour l'occas) - on nous met face à nos priorités. A savoir ici déglinguer un peu un politiquement correct un peu trop bien pensant.
"Abandonner sa fille en Summer camp pour riches, c'est mal." Merci Coppola.
PS : Il est bien dommage qu'après le très bon Virgin Suicides Sofia Coppola se repose sur ses lauriers. L'adulation des médias me laissent perplexe et le "long silence de mort" adulé par Guillaume Banniard des Inrocks me semble au contraire présent sur tous les plans. Pour un film véritablement contemplatif et sincère sur les relations entre un père et son fils allez voir Alamar qui du moins ne se perd pas sous des artifices présomptueux.