Bergman, l'Homme-Montagne. Il n'y a que lui pour arriver à nous scotcher au fauteuil durant 1 h 30 avec des dialogues et des gros plans. Ce mec était un génie.
Cinéma sec par certains aspects mais tellement dense, riche et puissant pour tous les autres. Pas de musique, que des personages qui parlent comme si leur pensées et leurs paroles se mélangaient. Pas de réalisme ici, nous sommes entre le théâtre et le cinéma. Il nous pose des personages dans leur apparente normalité et assez vite, ça déraille, un peu. Un peu d'abord et puis crescendo jusqu'à des monologues en plan fixe sur un visage qui livre ses émotions, son âmes et ses tripes comme dans aucun autre film. Ici, tous les aspects d'une relation mére/fille y passent. Et plus généralement, toutes les dynamiques familiales avec tout ce qu'il peut y avoir de tragique dans le fait de grandir et d'avancer dans sa vie d'adulte après avoir vécu les traumas d'enfance que nous vivons tous.
Ce film est gigantesque dans sa puissante intimité. Ingrid Bergman et Liv Ullman nous livrent une leçon de cinéma d'un niveau bluffant. A la fin du film, pas question de sortir les chips et la bière. Le temps de digérer ce que vous avez vécu et vous pouvez réfléchir sur votre vie, en silence.
Chapeau les artistes.