Inconsolable depuis que sa femme a été emportée par un cancer, David, un programmateur, voit l'entreprise où il travaille rachetée par la multinationale Ultima Robotix dont la plus grande création à ce jour reste un simili-ChatGPT empathique chargé de combler le vide affectif d'une bonne partie de la population humaine. Mais, aujourd'hui, l'entreprise envisage de passer un nouveau cap en incarnant et commercialisant cette I.A. au sein des SOULM8TEs, des robots-compagnes modelés selon les désirs de leurs clients (hommes, bien sûr).
D'abord réfractaire à cette idée, David se laisse peu à peu séduire par l'essai de cette I.A. et accepte même de prendre une de ces SOULM8TEs, qu'il prénomme Sara, sous son toit afin d'en parfaire les paramètres...
Croyez-le ou non mais fût un temps pas si lointain où James Wan et Jason Blum dansaient main dans la main comme des p'tits fous à l'idée de constituer un "M3GAN"-verse autour du premier film de la poupée robot déviante fort de son joli succès au box-office. Pleins d'espoir, ils annoncèrent très rapidement la mise en chantier de sa suite, "M3GAN 2.0", mais aussi d'un spin-off, "SOULM8TE", voulu dans un mode plus adulte et érotico-soft autour d'une femme androïde partant elle aussi quelque peu en vrille.
Malheureusement, malgré cette volonté de mettre des chiffres en plein milieu des mots de leurs titres (parce ça fait trooop cyber-angoissant, quoi !), ceux-ci ne se multiplièrent cette fois en termes de profit avec le gros flop critique et public justifié de l'invraisemblable "M3GAN 2.0", faisant stopper nette la ronde infernale entamée par Blum & Wan et leur volonté de multiples extensions à cet univers (personne n'avait rien réclamer de leur part sur ce point, de surcroît).
Presque tout piteux lui-même d'exister et oublié instantanément par tous, "SOULM8TE" fut ainsi privé de sortie cinéma début 2026 avant de disparaître longuement des écrans-radars jusqu'à ressurgir en plein milieu de l'été suivant pour une sortie américaine très discrète en VOD. Autant dire que cette histoire de femme robot donnait l'impression d'être déjà méchamment toute rouillée avant même d'être découverte...
Pourtant, en soi, la découverte de ce spin-off signée Kate Dolan n'est pas aussi désagréable qu'on pouvait le supputer entre une réalisation classique mais correcte (avec quelques exécutions amusantes où, souvent, la SOULM8TE Sara a bien compris que la principale matrice du genre masculin se situait au niveau de l'entrejambe), une bonne interprétation (le trio principal tient le route, mention évidente à Lily Sullivan de "Evil Dead Rise", plutôt convaincante dans le croissance défaillante inquiétante de son androïde) et un ton il est vrai un poil plus mature et sexué que ce à quoi nous a habitué ce type de production souvent destinée à un public avant tout adolescent, avec ce concept ici utilisé en vue de mettre en avant la dépendance aux artifices technologiques comme palliatifs faciles à un désert affectif que l'on devrait se résoudre à juguler par soi-même.
Le problème, c'est que le méchant retour de bâton qui va en découler, avec une Sara qui va vite montrer son caractère incontrôlable face à celui qui tente de la formater à travers sa propre vision de la femme idéale, est finalement traitée dans un parfait décalque du registre où opérait déjà "M3GAN" premier nom, le condamnant de fait à une redite de l'ambiance et du cheminement scénaristique de ce film (on y retrouve la même montée en puissance de tropes techno-paranoïaques et aussi... les mêmes trous d'airs, l'idée de la cachette finale fait par exemple des héros de parfaites andouilles).
Alors que "M3GAN 2.0" avait au moins le mérite de partir dans un délire complètement différent de son modèle, "SOULM8TE" reste bien trop dans son ombre, sans avoir la moindre de chance de s'imposer par lui-même, ne pouvant même pas compter sur les velléités de revanche féministe de son discours vite baillonnées et déroulées de façon tout aussi prévisible qu'inoffensive, surtout -et c'est sans doute là sa plus grande faiblesse- si on le compare à "Companion", film à la thématique similaire et autrement bien plus malin pour la mettre en exergue sur toutes ses facettes les plus cruelles.
Bref, divertissant le temps de sa durée mais bien trop insipide pour emporter la mise, "SOULM8TE" est probablement le dernier chapitre de ce futur proche peuplé de robots dingos dans lequel James Wan et Jason Blum voulaient nous entraîner. Pas grave, on avait déjà trouvé un bien meilleur "Companion" à celui-ci.