Tim Ballard, un ancien agent du gouvernement américain se lance dans une opération de sauvetage pour libérer des enfants prisonniers d’un trafic sexuel…
Réalisé en 2018 (par un cinéaste catholique qui s’est spécialisé dans les film “faith based”) et devant être distribué par la 20th Century Fox, suite au rachat de cette dernière par Disney, le film est resté longtemps dans les tiroirs (le film n’était clairement plus raccord avec la ligne éditoriale de la firme aux grandes oreilles). Il faudra attendre qu’Angel Studios (société fondée par des mormons cantonnés dans les films chrétiens) en acquiert les droits pour “enfin” le voir débarquer en salles.
Taxé de film polémique et de thriller complotiste, le film bénéficie d’une exploitation en France par le biais du distributeur ultra conservateur Saje Distribution, à qui l’on doit dernièrement le film de propagande royaliste Vaincre ou mourir (2023). Cela fait des mois que le film enflamme la toile (et entretien toutes ses polémiques) grâce à l’extrême droite et à ses positions conspirationnistes (notamment par le biais de sa vedette le fervent catholique Jim Caviezel, ce dernier ne s’en cache pas en allant jusqu’à relayer des théories fumeuses colportées par QAnon, notamment au sujet de l’adrénochrome).
Le film quand à lui est inspiré de la vie de Tim Ballard, un agent fédéral du DHS (le Département de la sécurité intérieure) et militant contre la traite des êtres humains, lui-même fondateur de l’organisation “OUR” (Operation Underground Railroad) qui lutte contre le trafic sexuel (et dont ses activités sont loin d’être aussi respectables qu’on ne le pense, comme en atteste les nombreuses accusations à son encontre).
Avec un tel pedigree (entre son acteur principal et le protagoniste aux méthodes contestées dont le film s’inspire), Sound of Freedom (2023) ne pouvait clairement pas laisser indifférent et s’enlise dans sa propre médiocrité conspirationniste aux forts relents de christianismes. Autres marqueurs idéologiques très ancrés à droite, le film a été soutenu par Donald Trump & Mel Gibson (visiblement, le film à les soutiens qu’il mérite…).
« - Pourquoi tu fais ça ?
- Parce que les enfants de Dieu ne sont pas à vendre. »
Le film d’Alejandro Monteverde est un thriller contemporain avec lequel on ne parvient jamais à rentrer dans le coeur du sujet, puisque bon nombre de faits relatés dans le film sont purement et simplement invérifiables et irréalistes. D’un point de vue cinématographique, c'est bêtement mielleux, sirupeux de bonnes intentions et enrobé d'une bonne grosse louche de catholicisme (des références abrutissantes à Dieu), sans compter que la mise en scène est assommante (on s’emmerde pendant la première heure à grands renforts de travelling au ralenti).
Côté distribution, pendant plus de 120min, il faudra supporter Jim Caviezel et son éternelle tête de chien battu (j'ai arrêté de compter le nombre de fois où il pleure ou verse sa petite larmichette), dont le jeu d’acteur s’avère être très limité (et rébarbatif).
Conspirationniste de bout en bout, le film ne s’embête pas avec les conventions et nous balance des chiffres et des infos (là aussi) invérifiables qu’il ne source jamais mais dont les complotistes s’abreuveront les yeux fermés et la gueule grand ouverte, comme en atteste les informations divulguées à la toute fin du film « Il y a plus d'être humains pris au piège de l'esclavage aujourd'hui qu'à n'importe quel autre moment de l'histoire, y compris lorsque l'esclavage était légal. »
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