À aucun moment le personnage du mec, maladroit et parfois envahissant mais plutôt sensible aux autres dans l’ensemble, aurait dû se transformer aussi vite en connard qui malmène sa compagne à ce point sans chercher une seconde à la comprendre. Le film fuit toute forme de dialogue qui risquerait de s’échapper des rebondissements de dingo qu’il a prévus, même la base de la base de la communication est évitée, quitte à être contraire à la cohérence du couple tel qu’il est présenté au début. C’est l’erreur classique des satires de petits cons qui recourent à tout plein d’astuces nazes pour isoler les protagonistes, exacerber la gêne et manipuler la position morale du spectateur. Tout va trop vite, les personnages sont mal aimés, mal compris et le film s’en méfie, jusqu’à la dernière seconde ils ne sont pas fiables… Au cœur de ce doute, les acteurs sauvent la mise et Vera est très réussie. Dans un film qui ne cherche au fond qu’une petite lueur dans l’artificiel - ce qui n’est pas un mal -, elle suffit à apporter de la force. C’est donc plutôt rigolo, c’est léger, c’est joueur, ça se prête à la critique facile sans en faire des caisses, c’est comme juger le farceur crasseux du lycée qui rigole de ses propres conneries pour attirer l’attention de la direction, on a tendance à le punir un peu vite.