Père de famille et modeste VRP, le personnage que compose Fernandel accepte de jouer pendant quelques heures le mari d'une jeune femme rencontrée en voyage, qui attend un enfant et qui craint l'accueil de sa (sicilienne) famille.
Ce sujet daté sur la faute d'une jeune fille pouvait donner lieu à une comédie de vaudeville ou, inversement, à un mélodrame. C'est la seconde voie qu'emprunte Mario Soldati, peut-être pas sur un mode larmoyant mais sur celui de la gravité. Fernandel, peu crédible car trop âgé pour le rôle, joue sans fantaisie les samaritains et les braves types empêtrés dans son mensonge charitable face à sa rigoureuse belle-famille. Il tient, pour finir, un discours moralo-humaniste assez convenu sur le sort réservé alors aux filles-mères.
Soldati joue, lui, de la corde sensible, utilisant Fernandel dans un registre émotionnel où l'acteur comique s'est également souvent illustré. Mais le sujet est trop simpliste pour convaincre. On préfèrera encore ce long préambule, ce voyage mouvementé en train puis en autocar où Fernandel rencontre l'héroïne éplorée. On y devine, plus que l'accent provençal, les accents de la comédie populaire italienne, à l'image du rôle loufoque confié à Alberto Sordi.