C'est le premier film parlant de René Clair, réalisateur important des dernières années du cinéma muet. On a pu lire qu'il n'était pas, comme beaucoup d'autres avec lui, tout à fait convaincu par la révolution du parlant. Il y entre comme "à reculons" dans ce film où, par défiance ou par ironie, il conserve de nombreuses scènes muettes.
Le film commence par un élégant traveling et par une longue séquence chantée avec Albert Préjean, chanteur de rue, et un public reprenant en cœur le fameux air "Sous les toits de Paris". Préjean incarne un prolo parigot, sympathique et roublard, qui prend sous son aile une jolie roumaine -la méconnue Pola Illery, comédienne talentueuse- sur laquelle un truand du quartier (l'imposant Gaston Modot) a des vues.
René Clair réalise une comédie sentimentale très caractérisée par le Paris populaire reconstitué où elle se déroule. Le film est un peu long à démarrer, me semble-t-il, et manque à la fois de rythme et de relief. Mais une fois "lancé", il nous attache à ses personnages -plus qu'à son histoire assez commune- pittoresques, modestes et très bien dirigés dans leur expression semi-parlante. Peut-être le scénario manque-t-il d'un peu d'invention.