Spaceman est une sorte de fable humaine projetée dans l'espace qui rappelle parfois The fountain, ou encore Solaris. Johan Renck avait peut-être trop d'ambition avec ce film qui appelle aux meilleurs sentiments mais tombe parfois gentiment dans le ridicule.
Le héros, un astronaute tchèque, arrive aux abords de Jupiter après avoir passé 6 mois seul dans l'espace dans un vaisseau qui pourrait avoir été aménagé à l'intérieur par des ingénieurs soviétiques plongés dans le formol en 1960 et réveillés pour l'occasion. Il doit atteindre un mystérieux nuage brillant apparu depuis peu dans le ciel de la Terre pour prélever des échantillons. Evidemment, la solitude lui joue des tours et il trouve dans son vaisseau une arachnide géante et philosophe qui parle avec lui de tout et de rien, mais surtout des problèmes de couple du cosmonaute, dont la femme sur Terre commence à trouver le temps long tout en étant sur le point d'accoucher. A moins que l'araignée -prétendûment une espèce extra-terrestre supérieure- soit réelle.
Spaceman est un film lent, en huis clos, ce qui le disqualifie déjà pour une bonne partie du public. De plus, contrairement à Solaris, on n'y voit pas la courbe fessière de compétition d'un vendeur de café de classe internationale, que ces dames se le disent. Les acteurs et actrices n'ont pas l'air emballés par leur rôle et les décors sont des plus simples pour ce genre d'histoire. Pourtant, on ne s'y ennuie pas vraiment, et la présence de cette sympathique et affectueuse araignée géante à qui on aimerait aussi faire un gros "hug" réveille périodiquement l'intérêt. Maladroit dans son propos, poussif même, le film l'est certainement. Mais il ne manque pas d'une certaine sensibilité et de générosité et se laisse regarder jusqu'au bout.