Dans la filmographie globalement décevante de Mathieu Kassovitz, il y a, de temps en temps, un titre qui se dégage de façon inattendue : « Sparring » en fait partie. N'ayant, malheureusement, pas fait grand bruit à sa sortie malgré de bonnes critiques, ce dernier se révèle effectivement intéressant à de nombreux égards : d'abord, par le choix de mettre en lumière un « perdant », permettant un éclairage quelque peu différent des « films de boxe » habituels sur le métier. Puis à travers le portrait, très bien écrit, qu'il fait de son héros : un passionné, fin connaisseur, n'ayant simplement pas le talent pour espérer aller plus haut.
Sa relation avec sa femme, ses enfants : rien n'est jamais manichéen, idéalisé, et on est vraiment séduit par cet « anti-héros » justement grâce à ses défauts, ses imperfections, mais admiratif de sa volonté, son état d'esprit, auquel Kassovitz apporte beaucoup de consistance. Le film trouve un bel équilibre entre ces aspects personnels et professionnels, l'occasion de quelques vraies bonnes scènes, notamment celles « l'opposant » à Souleymane M'Baye, finalement presque assez complexes et rendant leur relation particulièrement intéressante. Pour une première tentative derrière la caméra, Samuel Jouy, nettement plus à l'aise qu'on aurait pu le craindre, réussit son coup (ohoho) et nous donne envie d'une deuxième tentative dans le futur.