Alors voilà ; j'ai enfin regardé un nouveau Spider-man, le 2, après mon expérience ratée de l'épisode Homecoming.
Incitée par un éclaireur bien éclairant en matière de philosophie à la voix de velours ( Venomesque se reconnaîtra), je me lançais avec bienveillance mais non sans appréhension dans l'aventure.
Je n'ai pas envie de faire trop long, vu que 90% des membres de Senscritique semble arrêter toute activité culturelle pendant les vacances.
Le plaisant tout d'abord : un personnage niais mais attachant, du rythme, de l'action, on flatte en permanence le spectateur dans le sens du poil et il est prié de ronronner. C'est du spectacle, mais pas que.
Et c'est là où le bât blesse.
Sorti des acrobaties de l'homme ( enfin, la plupart du temps, de l'image de synthèse) en combi et de quelques effets spéciaux on n'a pas grand chose à se mettre sous la dent. Ah si, une histoire d'amour impossible avec une femme insignifiante prête à se marier avec le premier homme riche venu, la perfide, il faut dire qu'elle est rousse et qu'elle s'appelle Marie-Jeanne...Le méchant aux bras de Shiva, vraiment méchant, savant fou, est à l'origine un universitaire méprisant en pull cachemire col roulé...Le pauvre petit livreur exploité par la méchante société capitaliste nous fait espérer, à nous, pauvres médiocres, qu'on peut cacher de grands pouvoirs sous une apparente faiblesse, que la revanche des faibles, c'est leur bon cœur ( la scène du train où le bon peuple défend son héros est, comment dire, d'une niaiserie achevée, restons bienveillant, alors qu'on sait très bien qu'on peut se faire agresser dans n'importe quel métro, pas un ne lèvera le petit doigt, le pouce trop occupé sur le portable, mais c'est vrai qu'on n'est pas une super héroïne en combi …) On s'adresse de toute évidence à de grands ados ( même ceux qui ont passé la trentaine): l'insignifiance, la médiocrité, l'absence de talent etc trouveront un jour leur vengeance, non mais. Mais le pire, c'est les scènes d'un antisémitisme assumé: le logeur juif louche du super héros quand il n'est qu'un médiocre est un rapace qui ne pense qu'à son argent et qui agrippe avec avidité les quelques billets gagnés à la sueur de son front. Son antre est sale, il est vulgaire, il ne lui manque plus que le nez crochu...
Alors, dans ces cas là, ce qui rachète généralement ce genre de film disons-le très caricatural, c'est le distance humoristique. Et bien il n'y en a peu, à part quelques scènes très courtes où par exemple on voit Spider-man laver sa combi dans un pressing ou quand il répète en voulant s'en prendre au méchant «ça va faire mal» et où il tombe brutalement car il a perdu ses pouvoirs et dit «ça fait mal»...Un peu potache...
Donc, pas de quoi crier au scandale, ça reste un divertissement correct. Je ne suis peut-être pas en mesure de juger des subtilités liée à la BD originale même si je peux comprendre l'attachement affectif aux souvenirs d'enfance – je précise d'ailleurs que le générique est très intelligent et rend hommage à cette BD – mais j'arrêterai là mon exploration d'un univers qui ne me parle pas et qui utilise ainsi le cinéma. Je vais d'ailleurs de ce pas aller lire quelques critiques sur SC pour essayer de comprendre les qualités cachées de ce film.