Deux ans après avoir défini le genre, Spider-Man revient sur nos écrans avec ce qui devient sur le moment le meilleur film de super-héros et nous prouve qu’une suite peut être supérieure à l’original. Un véritable exemple de ce que tout film de super-héros peut devenir lorsqu’il est placé entre les mains du bon réalisateur et avec le bon casting. Et côté réalisation, Sam Raimi apporte à nouveau sa touche si distinctive, offrant un style visuel unique au film.


Au début du film, la vie de Peter Parker est bien moins séduisante qu’on ne pouvait l’imaginer. Ayant choisi de vivre de manière honnête, Peter combat toujours le crime dans son costume, tout en suivant les cours à l’université. Mais il doit également trouver un moyen de payer ses factures. Et pour ça, il livre des pizzas. Job qu’il ne parvient pas à conserver. Pour ne rien arranger, tante May perd sa maison parce que c’était l’oncle Ben qui payait les traites et qu’elle a pris trop de retard, Harry Osborn veut toujours tuer Spider-Man qu’il croit responsable de la mort de son père, et J. Jonah Jameson a réussi à faire croire à toute la ville que Spidey est un méchant.


Et ce n’est pas tout ! Le brillant scientifique Otto Octavius, qui a créé des bras mécaniques dotés d’une intelligence artificielle pour l’aider dans ses travaux, s’apprête à découvrir une source d’énergie intarissable. Sauf que ça se passe mal et la puce censée empêcher l’IA des bras mécaniques de prendre le contrôle du cerveau d’Otto grille. C’est désormais l’IA qui dirige Otto, et non plus l’inverse. Ah, et on vous a dit que Mary-Jane Watson s’apprêtait à épouser John James, le fils du rédacteur en chef du Daily Bugle ? Autant dire qu’il y a de quoi donner envie à n’importe quel super-héros de raccrocher les collants.


Dès le générique de début, qui nous raconte les événements du premier film à la façon d’un comics, le réalisateur capture à merveille l’univers de Spider-Man. De retour derrière la caméra, Raimi est à l’aise avec le personnage et nous offre un véritable blockbuster dont une bonne partie du budget a été investie dans les effets spéciaux. La caméra virevolte à travers les immeubles pour suivre Spidey, et on sent tout de suite qu’il y a de l’amélioration par rapport au film précédent. Certes, ça a un peu vieilli et certains effets passent mal : les hélicoptères en CGI qui suivent Spidey sur le tout dernier plan du film ont aujourd’hui l’air de sortir d’une cinématique PlayStation 2. Mais à l’époque, ça passait plutôt bien.


Le film contient une histoire cohérente, de l’action, et des personnages mieux développés que dans beaucoup d’autres blockbusters. Et pourtant, cela tient du miracle, vu que le tournage du film a commencé alors même qu’il n’y avait encore aucun scénario officiel ! Malgré ses quatre scénaristes, le scénario a été écrit au fur et à mesure du tournage. L’histoire comporte l’humour caractéristique de Sam Raimi : on apprend par exemple que le costume de Spider-Man déteint au lavage, ou encore que Peter Parker a des problèmes de dos (ce qui fait référence au fait que Tobey Maguire avait réellement des problèmes de dos lors du tournage, et qu’il a failli être remplacé par un autre acteur).


Doc Octopus est un excellent choix pour succéder au Bouffon Vert : en plus d’être incroyablement interprété, il est bien plus dangereux que son prédécesseur. La scène de son réveil à l’hôpital est d’ailleurs réalisée dans le plus pur style de Raimi, avec des zooms, des gros plans, de l’action rapide. C’est un superbe écho à "Evil Dead". De son côté, Kirsten Dunst interprète un peu mieux son rôle, mais on a quand même encore envie de gifler Mary-Jane par moments pour le nombre incroyable de mauvaises décisions qu’elle prend, et ses interminables psychodrames quand elle ne comprend pas Peter. De plus, Kirsten semble endormie les trois-quarts du temps, comme si on devait à chaque fois la tirer d’un profond sommeil pour lui faire jouer ses scènes, ce qui n’aide pas à apprécier le personnage. Quant à James Franco, il est un peu en retrait cette fois, mais on le voit sombrer petit à petit dans la folie… en attendant le film suivant.


Oui, aujourd’hui de rares plans en CGI ont mal vieilli, et la scène avec MJ en robe de mariée est devenue un meme moqué par le monde entier. Mais prenons ce film pour ce qu’il était en 2004 à sa sortie : un chef d’œuvre. Une merveille qui surpasse en tous points le premier film. Sans aucun doute le meilleur épisode de la trilogie, et un film qu’on ne se lasse pas de regarder.

Khaliel
10
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