Le film où Sam Raimi s'est dit : "Tiens, si on prenait tout ce qui a marché dans les deux premiers, qu'on le multipliait par trois, qu'on ajoutait une bonne louche de mélodrame emo et qu'on laissait Tobey Maguire danser comme s'il venait de se faire piquer par une guêpe sous ecstasy, ça devrait le faire, non ?" Et étonnamment... ça a un certain charme chaotique.
On retrouve notre bon vieux Peter Parker, enfin heureux avec Mary Jane (qui, soyons honnêtes, a la patience d'un saint pour supporter ses sautes d'humeur super-héroïques). Mais le bonheur, vous savez, ça dure trois secondes dans un film de super-héros. Du coup, BAM ! On nous balance pas un, ni deux, mais TROIS méchants ! C'est comme si Raimi avait eu une promo "un méchant acheté, deux offerts" au supermarché des vilains.
On a l'Homme-Sable, un type qui a visiblement passé trop de temps sur la plage et qui a décidé d'en faire son look. Il est étonnamment touchant pour un tas de sable en colère. Ensuite, on a le Nouveau Bouffon, Harry Osborn qui, après avoir passé deux films à bouder dans son manoir, décide qu'il est temps de faire du skateboard aérien avec des citrouilles explosives. La thérapie, visiblement, c'est surfait.
Et puis... il y a Venom. Ah, Venom. L'espèce de substance noire gluante qui transforme Peter en une sorte de croisement entre un danseur de breakdance maléfique et le chanteur de My Chemical Romance. Le "Emo Peter" est un moment de cinéma... disons... mémorable. Ses cheveux noirs de jais et ses déhanchements improbables sont une source inépuisable de fous rires, même si ce n'était probablement pas l'effet escompté. C'est comme si Spider-Man avait découvert un groupe de death metal et traversait une crise d'adolescence tardive.
Le film est un bordel monstre, soyons clairs. Les intrigues s'entremêlent de manière parfois forcée, les effets spéciaux sont un peu datés (cet Homme-Sable en pixels géants !), et le mélodrame dégouline parfois comme du miel sur des gaufres. Mais au milieu de ce joyeux chaos, il y a un cœur. On sent l'affection de Raimi pour ses personnages, même quand il les met dans des situations complètement ridicules.
Et puis, il y a Tobey Maguire. Malgré ses moments "dark Peter" involontairement hilarants, il reste attachant dans le rôle du gentil voisin Spider-Man qui essaie de faire de son mieux, même quand il est possédé par une limace extraterrestre et qu'il se met à draguer des serveuses en claquant des doigts. Sa maladresse touchante et son sourire niais sont toujours là, même sous la couche de gel capillaire noir.
Alors oui, "Spider-Man 3" est un film imparfait, un peu trop ambitieux et parfois carrément étrange. Mais c'est aussi un spectacle divertissant et sincère, rempli de moments WTF qui vous feront rire (souvent involontairement) et de quelques scènes d'action spectaculaires. C'est un peu comme un ami maladroit et exubérant : il a ses défauts, mais on ne peut s'empêcher de l'aimer pour son enthousiasme et son incapacité totale à faire les choses à moitié. Et puis, avouons-le, voir Spider-Man faire un moonwalk, c'est un cadeau qu'on ne reçoit pas tous les jours.
Note : 3.5/5 (Un point de plus pour le "Emo Peter" qui mérite sa propre catégorie de nanar culte).