Spider-Man : New Generation est une nouvelle proposition de l’univers du célèbre homme-araignée. Certes archi-exploité depuis la trilogie de Sam Raimi au début des années 2000, le personnage connait pourtant une popularité croissante qui va amener à une bataille de droits en coulisses entre les studios accouchant de plusieurs films ces dernières années pas forcément toujours utiles. On pense notamment aux deux long-métrages avec Andrew Garfield qui avaient pour but de rebooter le personnage seulement 5 ans après un Spider-Man 3 (2007) contrasté. Cependant, le Spider-Man de Tobey Maguire était encore dans les têtes. Puis en 2016 et Captain America : Civil War, c’est Tom Holland qui incarne le personnage, toujours dans une volonté d’apporter une nouvelle lecture. Malheureusement là aussi le super-héros ne bénéficie pas de films à sa hauteur avec une trilogie plus que bancale, chacun des épisodes est vite oubliable dans un cinéma super-héroïque aujourd’hui omniprésent. En 2018, Sony et Marvel vont pourtant arriver avec ce nouveau film d’animation qui traite à nouveau du personnage, on se demande alors de la pertinence d’un tel projet tant les films semblent avoir fait le tour. Et pourtant, ce film va nous surprendre en adoptant une version animée avec une patte visuelle singulière et inédite qui en met plein les yeux. L’histoire est issue de l’esprit du génial Phil Lord, réalisateur et scénariste qui s’était déjà distingué avec La Grande Aventure Lego en 2014. Il se lâche complètement ici et livre un récit incroyablement riche.
Dès les premières minutes, on est complètement ébahi, le film nous livre tout simplement une claque visuelle à laquelle on ne s’attendait pas. Une image parfaitement accompagnée par une musique tonitruante et moderne qui joue un rôle majeur dans la réussite globale. Le visuel se calque sur celui des comics ce qui lui donne cette identité si particulière en plus d’apporter une vraie sincérité au matériau d’origine. Si dans la forme, c’est une pure réussite, on attend de voir désormais en quoi ce projet va se démarquer de ses prédécesseurs. Bien heureusement, au fil des minutes, on va se montrer de plus en plus rassuré. Le film se pose à New-York et nous présente le personnage de Peter Parker dans la peau de l’homme-araignée mais c’est bien celui de Miles Morales qui représente le vrai héros de cette histoire. Il connait ses premiers jours dans une nouvelle école dans laquelle il ne se sent pas à son aise loin de son Brooklyn natal. S’il s’éloigne bien malgré lui de ses parents, il se rapproche au contraire de son oncle avec lequel il peut se libérer. C’est lors de l’une de leurs escapades dans le métro new-yorkais que l’intrigue se lance véritablement. En effet, il va se faire piquer par une araignée radioactive, on connait tous l’histoire mais le film se réapproprie les ficelles archi-connues pour mieux nous surprendre avec son récit. Le jeune homme va alors connaitre un profond changement dans son quotidien jusqu’à assumer sa nouvelle destinée. Il va aussi assister à une expérience étrange et dangereuse menée par l’antagoniste de l’histoire, Wilson Fisk. Loin des standards du méchant de service, le personnage est parfaitement travaillé. Rien ne va se passer comme prévu, il va déclencher l’ouverture de plusieurs mondes parallèles. C’est alors que le Spider-Man de Peter Parker intervient pour mettre fin à ses plans qui peuvent mettre en péril les habitants de New-York. Leur duel va mener à l’arrivée de plusieurs Spider-Man venant des autres mondes ouverts. Miles Morales rencontrera alors un Peter Parker plus vieux que celui qu’il connait dans son monde. Un duo hilarant et attachant aux allures de maître et élève qui est le cœur de cette histoire. Au-delà de Peter Parker, on assiste aussi à l’arrivée d’un Spider-Man issu des années 30, dont la voix n’est autre que celle de Nicolas Cage, une Spider-Woman et même un Spider-Cochon au nom de Peter Porker. Le film est bourré de références et y va à fond dans son délire. Au-delà de son visuel coloré et pop, le film se distingue aussi par la maitrise de son sujet. Le multivers n’a jamais été aussi bien exploité et trouve une place cohérente dans le récit sans prendre le pas sur son intrigue à coups de révélations lourdingues. De manière globale, il y a une telle fluidité narrative que le film impressionne, tout est savamment bien orchestré entre humour, drame, aventure en alternant des séquences épiques, captivantes, drôles ou encore touchantes. Ce Spider-Man New Generation se montre bien plus profond qu’il n’y parait et se distingue notamment par un traitement efficace de ses personnages auxquels on s’attache très rapidement notamment le jeune Miles Morales qui devra assumer son nouveau statut pour sauver New-York.
Ce nouveau Spider-Man étonne et ne laisse clairement pas de marbre. C’est un tour de force magistral qui peut s’appuyer sur une inventivité visuelle bluffante, le film regorge d’idées qui lui permettent de se distinguer des autres films d’animation parfois un peu trop standardisés. Pourtant, il était difficile de croire au succès de ce nouveau projet. Le film a déjoué tous les pronostics et c’est tant mieux, il marquera de son empreinte le cinéma d’animation et l’univers super-héroïque. Il n’est pas étonnant que sa suite soit si attendue, on croise les doigts qu’elle soit du même calibre.