Stage Fright , premier film de Jerome Sable sorti en 2014 tentait d'apporter un peu de sang neuf au slasher en y insufflant une bonne dose de comédie musicale adolescente. Ce mélange improbable entre Glee, Vendredi 13 et Le Fantôme de L'opéra était riche de promesses mais le résultat est loin d'être à la hauteur.
Stage Fright nous embarque donc pour un camp de vacances d'été pour adolescents spécialisé dans le théâtre et la comédie musicale. Comme chaque années le camp prépare un spectacle qui attire les recruteurs de Broadway et qui cette années sera une variation autour de Phantom of The Opera. La Jeune Camilla qui travaille aux cuisines espère auditionner pour reprendre le rôle de sa mère qui dix ans auparavant est morte assassinée en jouant cette même pièce musicale.
Le postulat de départ de Stage Fright est donc plutôt sympathique et j'ai même cru que j'allais passer un formidable moment lorsque après une chorégraphie colorée d'une cinquantaine d'adolescents souriants chantant un truc assez insipide de comédie musicale un peu gnangnan le tueur apparait à l'écran dans un tonitruant son de métal en hurlant "Mais Fermez vos gueules" . Le film jouera d'ailleurs beaucoup sur cette opposition entre l'optimisme souriant et béat de ses adolescents chantant et le tueur dont le look et les apparitions s'accompagnent toujours d'un son de rock métal lourd et percutant. Une opposition de style un peu trop systématique qui devient caricaturale à la longue même si les deux univers se fondent parfois lors d'un numéro musicale plutôt réussi durant lequel les deux parties semblent à la fois se répondre et s'opposer. Hormis cet instant et même si c'est bien sûr une affaire de gout et de sensibilité musicale, je ne suis pas du tout transporter par la musique et les chansons du film ce qui est forcément très handicapant pour une comédie musicale. Même l'instant ou tout le monde se met à chanter façon "Show Must Go On " après la découverte de la première victime me laisse un peu de marbre au niveau de l'émotion. Quant au tueur il possède certes à look assez formidable mais le délire hard rock métal qui accompagne ses apparitions lasse relativement vite tant elles deviennent systématiques et répétitives.
Niveau purement slasher ce n'est pas nom plus l'hymne à la joie même si encore une fois le tueur est franchement charismatique. Gore juste ce qu'il faut, le film offre un body count bien insuffisant pour les amateurs de péloches horrifiques et l'aspect whodunit est franchement foireux tant l'identité du tueur se devine trop facilement et trop vite. En tout cas la promesse de voir un tueur avec des shurikens en couvercle de boite de conserves supprimer des gamins gesticulant en braillant hilares des chansons débiles ne sera pas tenue, dommage. Sans être désagréable à regarder Stage Fright est juste très décevant et ce petit slasher qui se voulait tellement original ne fera que se fondre dans la masse du genre. On retiendra toujours la jolie prestation de la comédienne Allie MacDonald , la présence de Meat Loaf, quelques répliques amusante comme lorsque un gamin confond le Kabuki avec le Bukake et des références un peu lourdes mais toujours sympathiques à Carrie, Hellraiser, Freddy, Vendredi 13 et Cie.
Difficile de chanter les louanges de Stage fright même si ce dernier ne propose pas de fausses notes majeures, juste que la rengaine manque franchement d'entrain . On ne coupe pas impunément les cordes vocales des screams queens .