Tarkovsky nous immerge dans un labyrinthe aux métamorphoses mortifères. Théâtre d’introspection profonde, ce lieu allégorique sorte de pèlerinage cathartique va ironiquement aboutir a un rejet formel de la foi.
S'apparentant volontiers à un témoin sensible d'une déchéance humaine, d'une misanthropie et du tiraillement à l'extrême de trois hommes que le monde met à mal, Stalker est un film qui nous fait contempler la psyché humaine sous toutes ses coutures a travers un nihilisme profond.
Le réalisateur nous traine dans son brouillard scénaristique, plongé dans cette brume confuse le spectateur flotte dans ce film à la pesanteur singulière. Toutes les séquences sont étendues et fastidieuses, mais d’une richesse ineffable avec de sublimes plans séquences.
Le métrage fascine de par sa composition minutieuse et métaphorique des plans (nombreux sur cadrages). Mais également par sa mise en scène féconde et ses décors protéiformes et ouvragés qui sont d'une extrême richesse. La musique également tapisse insidieusement les scènes renforçant le caractère hypnotique du métrage.
Stalker est une déflagration mystique et polysémique, où Tarkovsky nous plonge dans un voyage arpentant les innombrables facettes de la complexité humaine. Ce film réifie l'inquantifiable avec virtuosité poésie et philosophie ce qui fait de lui un pur chef-d'œuvre cinématographique.