Cette histoire commence à l'été 1957 et nous immerge immédiatement dans les dialogues et le QG aménagé d'un groupe d'amis : leur cabane. Dans une ambiance qui ravive en moi la nostalgie de Tom Sawyer ces amis décident de partir à l'aventure pour retrouver le corps d'un enfant disparu quelques mois plus tôt
Le film se concentre sur la relation sincère entre 4 enfants pourtant bien différents au niveau de leurs personnalités (le peureux, le dur à cuire, le sanguin et le plus réservé) mais aussi sur la force de leur amitié car peu importe celui qui se fait chambrer ils y passent tous au moins une fois et c’est ponctuel (pas d’acharnement sur une personne), de plus ce film démontre que le lien profond devance la légère critique par son importance : lors de la scène du train par exemple ou Chris et Teddy s’inquiète pour leurs amis qui risque de se faire percuter et ce pourtant juste après maintes blagues émises à leur encontre car tous les enfants sont chers aux yeux de tout le groupe sans distinction et ça fait plaisir à voir. Je me sens également obligé de saluer la performance solide des acteurs
Et les trajets alors ? Parlons-en. Des sentiers où l’humour et la bonne humeur qui règnent sont quelques fois ébranlés par d'annexes péripéties qui ne font que renforcer le lien entre les protagonistes (scène du train, le chien ou les sansues). Et les scènes et musiques qui forcent le sourire sont nombreuses comme lorsqu'ils dansent sur "Lolipop" ou encore Vern qui insiste sur l'importance d'apporter un peigne quand la nourriture n'a même pas été prévue. Puis les histoires comptées autour d'un feu ne font qu'amplifier l'aspect aventure de l'œuvre en nous immergeant d'ailleurs intégralement dans l'histoire invraisemblable d'un obèse qui vomit des tartes et c'est parfait
Puis il y a cette fin que j’ai adoré, où tu peux imaginer l’impact de la mort de Chris sur le personnage principal, narrateur du flashback constituant la quasi-totalité d’un film qui utilise à merveille la structure narrative nous permettant subtilement de comprendre que l’avocat qui est mort au début n’est autre que Chris (subtilité pour laquelle je n’ai pas traité de la réelle introduction au début de cette critique). Fin couplée à une phrase qui insiste sur la puissance des relations quand on est enfants
"I never had any friends later on like the ones I had when I was twelve"
Enfin, le destin qui sépare ce groupe d’amis à peine un an après leur périple témoigne du caractère éphémère que peuvent avoir les relations, peu importe leur force dans l’instant
Malgré cela j'ai deux choses à redire :
- Le principal défaut qui a quant à lui cantonné ma note à 8 est l’absence d’une synergie totale entre les 4 enfants, certes personne n’est exclu au sens propre du terme mais le film scinde malheureusement le groupe de 4 en deux groupes distincts, en effet il se focalise trop sur Chris et Gordie et c’est dommage car il aurait gagné à présenter un groupe réellement uni et sans focalisation sur 2 éléments isolés d’un même groupe. À la fin du film par exemple, après avoir visionné déjà 2 discussions profondes entre Gordie et Chris (ce qui a fatalement fait passer à l’arrière-plan Vern et Teddy) voilà que cela se reproduit quand Ace vient tenter de récupérer le corps avant les enfants ; au début c’est Gordie et Teddy qui sont ensemble quand les 2 autres ont fui et cela fait espérer un semblant d’alchimie entre les deux amis qui n’ont pas eu de véritables moments ensemble depuis le début mais Teddy finit par fuir puis Chris qui revient finalement prend sa place et c’est vraiment dommage. Le totum aurait été préférable car isoler les éléments de leur matrice n’est souvent pas la meilleure solution. Peut-être que le film a fait exprès de mettre en avant les 2 personnages qui in fine resteront amis plus longtemps mais c’est à mon sens un choix scénaristique nettement moins bon. Malgré ça j’ai apprécié l’effort du réal pour varier et transposer la place de chacun lors du trajet, ce qui amène à de nouveaux acteurs de discussions presque à chaque fois malgré le manque de profondeur de celles-ci…
- Le second point regrettable est la nécessité notoire du réalisateur d'intégrer des antagonistes débiles à la manière du premier Mad Max, donnant lieu à des interventions peu pertinentes et un comportement usant par leurs maintes apparitions
En résumé « Stand by me » est une belle capsule d’une époque ou l’usage de la technologie ne faisait pas partie intégrante des activités des enfants et ou errer entre ami à travers la nature était une usuelle banalité