Martin Ritt était un réalisateur solide à défaut d’être exceptionnel. On se souvient par exemple de « L’espion qui venait du froid ». En 1990, il signait son dernier film, réunissant devant la caméra le couple Robert de Niro-Jane Fonda. Le film s’attache à suivre le quotidien de deux cols bleus, des travailleurs qui luttent chaque jour pour ne pas gagner grand-chose. La 1ère partie montre cette rencontre entre deux être cabossés par la vie. Iris est employée dans une pâtisserie industrielle, a du mal à joindre les deux bouts pour élever seule ses deux enfants car elle est veuve depuis quelques mois et a du mal à faire son deuil, tout en ayant du mal à cacher sa frustration sexuelle. Elle apprend en plus que sa fille est enceinte. Stanley, lui, est cuisinier dans la cantine de l’usine, vit chez son père à 50 ans et il cache un lourd complexe : il ne sait ni lire ni écrire. C’est pour cette raison qu’il est viré de son poste de cuisinier…Prenant sur lui, Stan demande à Iris de lui apprendre à lire et écrire. Au-delà de la recherche du réalisme forcené, on frôle au début le misérabilisme un peu tire-larmes (était-il nécessaire d’en rajouter autant dans les vies pas faciles de ces personnages ?). La rencontre entre Fonda et de Niro fonctionne bien et c’est eux qui portent le film (le sauvent ?). La fin elle, dépasse le simple « happy end » pour aller vers l’invraisemblable, de la misère quotidienne au succès florissant…Moi je n’y ai pas cru. Aborder l’illettrisme chez les adultes était gonflé car c’est un thème rare au cinéma. Encore aurait-il fallu le faire avec un peu plus de finesse qu’ici, façon conte de fée. Mais pour les deux acteurs principaux, on peut se laisser porter. Ritt est décédé quelques mois après la sortie du film et Jane Fonda n’a plus fait de film pendant 15 ans.