On vous fourre ici une moitié de film sur le milieu du porno (d'ailleurs terriblement mal informé, et complètement riddicule tant c'est invraisemblable), puis on vous rajoute une deuxième moitié de film sur une vieille femme seule dont la seule activité est de faire ses courses et de jouer au bingo le samedi, sauce néoréalisme anachronique, histoire de masquer cette entreprise de sexploitation en film d'auteur "sérieux". Le tout en shaky-cam (caméra portée et tremblote) façon habituelle des films d'auteurs prétentieux.
Alors il y a un public qui rafole de ces produits stupides. Si comme moi vous n'en faites pas partie, il ne reste pas grand chose a voir: l'actrice est assez mignonne, et peu vêtue. Il y a aussi des scènes pornos explicites avec des érections et des pénétrations, si ça vous tente (moi pas)! Mais a condition de fermer les yeux sur le prétexte narratif qui n'a aucun sens: le fait que l'héroïne « travaille » comme actrice pornographique n'a absolument aucune incidence ni sur l'intrigue ni sur sa relation avec le personage de la vieille femme. Cet élément porno, qui pour une raison inconnue est central au film, est totalement forcé et injustifié. Le personnage aurait pu travailler chez Google ou faire des beignets: cela n'aurait absolument rien changé au film.
Ce réalisateur bourre ses films de porno, de prostituées et de sexe. On dirait un ado obsédé. Ça me fait penser à un réalisateur français intellectuel des années 70/80 qui lui aussi ne pensait qu'au sexe et n'avait rien d'autre à dire: Bertrand Blier !
Comme tout le monde, j'apprécie un drame intimiste (si il est inteligent et bien fait), ou un bon nanar d'exploitation sexuelle de série B (si il est leger et bon enfant). Mais ces réalisateurs prétentieux qui sont maladivement obesédés par le sexe mais se cachent derrière une approche pseudo-intellectuelle et idiote de faux cinéma d'auteur, beurk !
Dans les années 60, Godard avait dit cette phrase célèbre : « Il y a d'abord la civilisation athénienne, il y a eu la Renaissance, et maintenant il y a la civilisation du cul». On peut légitimement ajouter qu'il existe désormais une « civilisation scatologique » : ces fameux "branleurs" de l'argo francais, qui se titillent chroniquement devant de veritable merdes cinematoraphiques qu'ils dévorent avec passion. La tendance est a la merde terriblement snob et remplie de sexe. Et cet ersatz de film est justement une merde snob remplie de sexe, c'est-à-dire un produit parfait pour son audience cible. Il est donc normal qu'il rencontra un grand succès critique et commercial.