Support: 4K Bluray UltraHD
Un E.T. version comédie romantique et doué de parole, ce n’est clairement pas le terrain sur lequel on attendait Carpenter. Et s’il y a bien un morphing assez dérangeant réalisé par les bon soins de Rick Baker, reposant sur ses acquis de An American Werewolf in London en la matière, on est en effet dans un road-movie tout en douceur et en émotions
Notre alien ne venant pas avec un dictionnaire intégré, Karen Allen (Marion dans Indiana Jones, qui n’a vraiment pas eu la carrière qu’elle méritait) se voit obligée de définir les mots. L'explication de termes qui nous semblent acquis et sur lesquels l’esprit ne se pose plus un instant fait ici renaître leur sens à travers un regard vierge de toute teinte. Un dispositif simple et pas forcément inédit, mais qui s’avère diablement efficace pour véhiculer l’humour et l’émotion de cette relation grandissant à mesure que les miles de la route sont avalés.
Alors oui, on pourrait trouver quelques trucs à redire sur le scénario qui a tendance à faire que des quidams aléatoires risquent tout pour les beaux yeux de Karen. On pourrait s’appesantir sur un dernier acte un tantinet long et une guimauve 80s qui commence à se faire sentir.
Mais ce serait faire abstraction du charme d’un jeune Jeff Bridges en décalage ou du thème musical très entêtant de Jack Nitzsche. Ce serait ne pas prêter attention aux marottes du réalisateur qui ne peut s’empêcher de nous faire traverser l’Arizona de John Ford, la Monument Valley, comme un clin d'œil à ses éternelles aspirations de faire un western, genre matriciel de tout son cinéma.
Starman est aussi doux qu’il est simple, et propose de voir une facette inattendue de Big John dans un écrin purement dans le jus de son époque.