Un personnage exceptionnel porté par une actrice exceptionnelle, un film qui n'a pas pris une ride, pas une seconde en trop tellement il filme avec brio les émotions contraires qui s'emparent des personnages, en particulier ce duo mère-fille qu'on a jamais aussi bien écrit.
C'est un mélodrame qui prend aux tripes malgré ses presque 90 ans d'âge. Notamment grâce à ses personnages, Stella et sa fille bien sûr, mais aussi la présence poétique du père porté par John Boles, et l'amant campé par Alan Hale qui est tordant de pathétique.
C'est aussi des scènes qu'on n'oubliera jamais :
- celle terrible où le "mauvais goût" de Stella est un poids qui fait honte à sa fille dans ce monde qui a intégré les codes bourgeois depuis l'enfance
- celle de la cabine de train où Stella comprend que c'est elle dont on parlait
- la fin qui est peut-être parmi les 5 meilleurs jamais réalisée et dont il ne faut rien dire à part qu'il est impossible de ne pas pleurer. Une mise-en-scèen si forte qu'elle ne se remarque pas. Ce regard, ce sourire, c'est tout ce que le cinéma a à offrir.