Un film passionnant.
J'ai adoré ce film. On suit une ado pas trop sympathique, jolie, coincée entre des parents qui se ressemblent et qui ne s'aiment plus, une ado pas bosseuse, pas gentille, désagréable avec son entourage, qui ne se comprend pas, qui fait n'importe quoi.
La réalisation est soignée, les plans sont inventifs, la reconstitution des années 80 crédible.
Ca part un peu dans tous les sens, on suit Stella, c'est tout, elle est de tous les plans, ce film c'est une tranche de vie brute, un peu à la manière des Dardenne mais en moins misérable, en moins réaliste.
On sent le plaisir et l'envie de revivre les soirées des années 80, la danse, la musique, la frivolité, l'absence du sida, de cette peur du sexe et du corps de la décennie suivante.
Tous les acteurs sont époustouflants, justes, au service de dialogues calibrés, et d'une histoire qui ressemble parfois à un jeu : et si je faisais de mon fantasme des années 80 un film, mon film, comme je les ai vécues et idéalisées, ces années ?
Le corps, la danse, l'oubli de soi, l'envie de se dépasser...
Le danseur noir, beau, gracile, félin, hypnotique est particulièrement incroyable. On n'a pas le sentiment d'un acteur, mais de quelqu'un qui vit sa vie, tout simplement.
C'est lui qui m'a embarqué dans l'histoire, cette présence, cette attirance que Stella ressent, son incertitude à le toucher, le voir, le revoir, cette animalité sans violence qui les rapproche.
J'ai aussi aimé pour la cigarette partout, la fumée partout, tout le monde fume, tout le monde a une clope accrochée aux doigts. Ca dénote tellement des films d'aujourd'hui.
Les deux parents sont parfaitement écrits et joués, et les nuances dans chacun des personnages, du plus important au plus insignifiant font vivre ce film, donnent une vraie épaisseur à une histoire très simple, presque frivole.
Stella n'aime pas étudier, Stella aime danser, Stella tombe amoureuse d'un beau danseur.
C'est tout et c'est formidable.