Voici un film brillant qui, à mes yeux, est un incontournable, pour qui s'intéresse au genre humain, et à ce que l'effet de groupe peut produire sur l'individu. Ce film illustre à mes yeux parfaitement les rouages de ce jeu social que nous jouons tous plus ou moins chaque jour de nos vie, ce que j'appelle le jeu du "nous" et du "jeu".
Des dynamiques de groupe où chacun essaye d'amener l'autre à soi, pour le meilleur, ou pour le pire.
Certes, la violence de certaines scènes est quasi-insupportable ( pour qui a encore une conscience digne de ce nom), mais l'alternance entre moments d'interrogatoires où chacun des 3 protagonistes réagit à ce qui vient de se passer face caméra, et les scènes de cellule où les évènements en question sont filmés permet de "décompresser" de temps en temps, mais bon, décompresser très légèrement....afin de pouvoir continuer le visionnage.
Les portraits psychologiques des trois protagonistes sont, je trouve, plus que crédibles, chacun d'eux ayant sa personnalité, psychique et émotionnelle, et donc, son propre rapport aux évènements de ce drame... ce qui rends ce film plus que réaliste.
Je me permets une connection avec le film de Tarantino "les huit salopards", trouvant une grande similarité entre ces deux films dans le sens où les plus fragiles, ou plutôt, les plus humains, sont en général les premiers à y passer.
En effet, dans le Tarantino, les seuls humains ayant encore toute leur humanité, les personnes de l'auberge, sont les premières à y passer, le reste des protagonistes étant, comme le titre l'indique, des humains ayant perdus une grande partie de leur dignité, de par leur parcours de vie respectifs, n'ayant plus que la haine comme dynamique de vie, comme le dit clairement le titre américain "the hateful eight".
Quand au verdict de la toute fin de Stoïc, puisque c'est une histoire vrai, à chacun de juger...perso, je le trouve assez hallucinant...mais bon, cela n'engage que moi.