Il est important de faire abstraction des critiques retorses de la communauté LGBT américaine reprochant - souvent au simple vu de la bande-annonce - le jeu hétéro du personnage principal. Critique légitime, mais niant la démarche de Emmerich qui adresse surtout son film à tous les autres, ceux qui ne savent pas, ne connaissent pas, ignorent comment porter un regard sur l'homosexualité. A l'aide de son personnage principal, Emmerich invite donc n'importe quel hétéro dans un monde marginal et incompris (un monde reconstitué entièrement en studio, travail sublime sur la lumière) et a pour vertu immense de rappeler deux choses : d'abord qu'une importante part des sans-abris le sont suite au rejet de leurs proches face à leur homosexualité ; ensuite que les règles de l'amour sont universelles et se distinguent en tout de sa simple orientation sexuelle.
Le véritable défaut du film est probablement de s'intituler commercialement STONEWALL, qui n'est qu'une toile de fond, simple prétexte, et pas du tout l'enjeu central du film..STONEWALL m'a littéralement saisi ; une fiction magnifique sur l'histoire d'un homme qui se sépare de sa honte pour la jeter symboliquement au visage artificiel du monde.
L'artifice étant l'obsession nette du sieur Emmerich, lui-même homosexuel, sa nécessité de raconter cette histoire transparaît avec éclat !
Et le casting est impeccable !
Je conseille. En streaming, en VOD anglais, ou à acheter en import anglais ou américain.