Film étonnant et assez déroutant dans la filmographie de Roland Emmerich, ce film retrace les mouvements anti homosexualité aux États-Unis dans les années 1960. Si le sujet touche le réalisateur, il l'évoque, généralement, assez peu dans ses films et celui-ci permet de rappeler ce que peuvent vivre les minorités quand elles sont opprimées.
Un scénario assez fort donc et qui ne prend clairement pas de gants avec un sujet qui aujourd'hui encore tend quelques personnes toujours aussi rétrogrades. Le casting est bon et les personnages sont bien écrits ; on ressent toute la douleur de la situation pour Danny, autant que la colère pour les personnes qui s'attaquent à lui, tout en suivant la situation globale. Si la partie technique est assez basique, elle reste bien gérée et reste portée par le sous-texte, évidemment réussie. La réalisation est bonne et le changement de style d'Emmerich est assez brutal mais appréciable. S'il s'était essayé aux films historiques, celui-là est assez fidèle et l'absence de partie grand spectacle lui permet de renouveler un peu sa base. S'il a été bien reçu par la critique, le film sera un échec retentissant. Avec pourtant un petit budget (un peu moins de 14 millions de dollars), il n'attendra même pas les 300 000 dollars au box-office, la faute en partie au petit nombre de salles où il sera distribué.
Aujourd'hui, les attaques ont changé, non seulement avec la multiplication des cibles (les personnes transgenres, d'autres communautés ethniques et religieuses), mais aussi de style, le fait qu'elles soient moins frontales n'effacent pas leurs existences. Comme disait Renaud, vivre libre, c'est souvent vivre seul, ça fait peut être mal au bide, mais c'est bon pour la gueule...