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le 5 nov. 2024
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Dans ce film britannique indépendant, Ella (interprétée par Aisling Franciosi) travaille sous la direction exigeante de sa mère Suzanne, autrefois figure reconnue du cinéma d’animation en stop motion, aujourd’hui invalide. Ensemble, elles créent image par image des marionnettes d’une précision obsédante.
Lorsque Suzanne tombe dans le coma, Ella se retrouve seule face à son héritage artistique. Son fiancé Tom lui propose alors de s’installer dans un nouvel appartement où elle pourrait reprendre son travail. Mais, dans ce lieu froid et anonyme, elle fait la rencontre d’une fillette étrange et désinvolte, qui s’intéresse à son art tout en le jugeant fade et convenu.
La fillette devient peu à peu une source d’inspiration aussi troublante qu’inquiétante. Elle pousse Ella à dépasser les limites du convenable, à fabriquer une marionnette faite de chair animale. À mesure que le film prend forme, la jeune femme commence à percevoir des présences, des pas lourds, et à sombrer dans une transe créatrice. Les frontières entre son œuvre et sa réalité se dissolvent : la fillette semble dicter ses gestes, la création prend vie, et Ella s’enfonce dans une folie organique et hypnotique.
Le film devient alors une allégorie de la création artistique comme sacrifice, une exploration vertigineuse de la dépendance à l’inspiration et de la perte de soi. La fillette apparaît comme une incarnation de la pulsion créatrice brute — cette voix intérieure qui invite à rompre les barrières de la raison et du corps.
Dans son dernier acte, Ella traverse un rite de passage morbide, s’abandonnant à sa propre métamorphose : la créatrice devient marionnette, remodelée par le monstre qu’elle a enfanté.
Robert Morgan signe ici une œuvre austère, organique et fascinante, où la stop motion devient métaphore de la chair manipulée et du délitement psychique.
Malgré ses moyens modestes, Stopmotion s’impose comme une plongée hallucinée dans la folie de la création, quelque part entre David Lynch et Jan Švankmajer, où l’artiste finit littéralement par s’animer de sa propre disparition.
Créée
le 9 oct. 2025
Critique lue 45 fois
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