Tron: Ares est le troisième volet de la saga Tron. Le film met en scène un univers dominé par deux grandes entreprises technologiques, qui incarnent deux visions opposées du progrès et de l’avenir.
La première, ENCOM, est l’entreprise la plus avancée. Elle cherche à utiliser l’intelligence artificielle et les technologies issues de la Grille pour améliorer concrètement le monde réel, notamment à travers des applications humanitaires et écologiques. Cependant, ENCOM traverse une période de transition depuis la disparition de Tess Kim, sœur d’Eve et figure majeure de l’entreprise, décédée d’un cancer avant les événements du film.
Cette perte a profondément marqué la société et explique en partie la direction éthique qu’elle tente désormais de suivre. Eve Kim, qui dirige ENCOM, cherche à donner une continuité réelle et durable aux créations numériques, non par ambition ou quête de pouvoir, mais par conviction morale : permettre à ce qui est né dans la Grille d’exister utilement dans notre monde.
La seconde entreprise, Dillinger Systems, est dirigée par un jeune génie ambitieux, Julian Dillinger. Obsédé par l’idée d’extraire les programmes de la Grille pour les projeter dans la réalité, il développe une technologie capable de matérialiser ces entités numériques dans notre monde.
Il crée ainsi un programme extrêmement complexe nommé Arès. Surentraîné, capable de faire face à tous types d’attaques et doté d’une capacité d’apprentissage autonome, Arès est conçu comme une arme parfaite.
Cependant, Julian Dillinger ment aux journalistes comme à l’armée en affirmant que ces programmes peuvent vivre indéfiniment dans la réalité. En vérité, tout programme extrait de la Grille possède une durée de vie limitée à 29 minutes, au-delà desquelles il se désintègre. Convaincue qu’ENCOM détient une technologie secrète appelée la Permanence, censée prolonger cette existence, Dillinger Systems lance une offensive contre l’entreprise. Arès est envoyé à l’assaut d’ENCOM, mais l’opération échoue : cette technologie n’existe pas chez eux.
Julian Dillinger décide alors de capturer Eve Kim par tous les moyens possibles. Il déploie une véritable armée numérique dans le monde réel afin de mettre la main sur elle. Pendant ce temps, Arès continue d’apprendre et commence à remettre en question la parole et la volonté de son créateur, notamment lorsque Julian élimine Caius, un programme qu’Arès avait auparavant sauvé. Cet événement agit comme un déclencheur.
Arès prend alors conscience de la nature des enjeux humains : la soif de pouvoir, le mensonge, mais aussi la loyauté et la sincérité, incarnées par Eve Kim. Lors d’une confrontation dans le monde réel, il lui propose un marché : la protéger, en échange de l’accès au programme de la Permanence. Eve lui révèle que ce programme n’existe pas réellement, mais qu’un seul être pourrait l’avoir conçu : Kevin Flynn, le créateur originel de la Grille.
Une quête s’engage alors pour retrouver Flynn. Arès parvient à entrer en contact avec lui au cœur même de la Grille, dans une zone profonde et isolée où Flynn s’est retiré. Leur rencontre se fait entièrement dans le monde numérique. Flynn ne livre pas immédiatement le code de permanence : il questionne Arès, observe sa maturité, son sens moral et l’émergence de véritables émotions. Surpris par la singularité et l’honnêteté du programme, Flynn décide finalement de lui confier le code de la Permanence, ainsi qu’un accès stable à la réalité.
De retour dans notre monde, un affrontement final a lieu. Eve Kim est sauvée par Arès, qui met fin aux agissements des programmes contrôlés par Julian Dillinger. Ce dernier perd toute crédibilité, mais parvient à échapper aux autorités en se dématérialisant pour retourner dans la Grille.
J’avais une certaine appréhension en lançant le film, notamment à cause des nombreuses critiques négatives. Pourtant, j’ai trouvé Tron: Ares très réussi et réellement prenant. Les enjeux sont clairs, la projection des programmes dans la réalité est parfaitement compréhensible, et la limitation de leur durée de vie apporte une tension constante.
Visuellement, le film fonctionne très bien. La direction artistique est forte, originale, et cohérente avec l’univers de Tron. La désintégration des programmes lorsqu’ils atteignent leur limite d’existence est particulièrement réussie : c’est à la fois spectaculaire, lisible et poétique.
Certes, l’idée d’un programme qui se rebelle contre son créateur et développe une conscience n’est pas totalement nouvelle, mais elle trouve ici une vraie légitimité. Le film apporte quelque chose de nouveau à la saga en proposant une interaction directe entre le virtuel et le réel, tout en conservant la philosophie et le style poétique qui traversent Tron depuis plusieurs décennies.