Story of Echigo par Gewurztraminer
Un des cinéastes ayant connu son apogée pendant les années cinquante, Tadashi Imai est l'illustrateur type d'une certaine frange du cinéma japonais balayée par la vague des cinéastes modernistes et rénovateurs qui lui succédèrent. Mis en image dans une ampleur typique des adaptations littéraires « à paysage » et animé par les (mélo)drames accablant le petit-peuple, Story of Echigo dévoile pourtant très vite sa pulsation, froide et mécanique, qui alimente cette histoire d'un couple détruit par la rancœur d'un homme jaloux. Derrière la belle facture visuelle classique noir&blanc (primat sur les paysages enneigés ouverts et intérieurs ouvriers oppressants), un filmage plus académique (prédominance de plans fixes inscrit dans la durée) et une narration sans grande finesse (narrateur envahissant, découpage monotone) se dessine un drame ouvrier où les personnages se vident progressivement pour devenir les simples pions guidant une inflation misanthrope. Un cynisme qui débordera dans un dernier-tiers rempli de pathos et procédés douteux (viol, mort violente, avortement, suicide et autre « plan-téton » de cadavre) comme autant de révélateurs d'une charge émotionnelle factice et d'un projet misérabiliste . Pauvre petit peuple !