Je traverse le jardin du cinéma le Retiro pour aller au cinéma Prado, littéralement en face, pour aller voir Strangerland, le premier long-métrage de l’australienne Kim Farrant, avec Nicole Kidman, Joseph Fiennes et un Hugo Weaving méconnaissable, en flic barbu un peu gras. Un couple et leurs deux enfants vont s’installer dans un village paumé du Bush australien. Peu après, les enfants disparaissent. La comparaison avec Picnic at Hanging Rock de Peter Weir est forcément pertinente, tellement le climat éthérée et atmosphérique, sublimé par une photographie lumineuse maitrisée, hypnotise le spectateur jusqu’à le perdre dans ces étendues désertiques infinie. Je ne peux m’empêcher de penser à Wake in Fright de Ted Kotcheff, dans lequel qui dépeint la violence latente des petites villes perdues dans le bush australien. Minimaliste, la mise en scène se concentre surtout sur les personnages, et même si je ne suis pas un grand amateur de performances d’acteurs, Nicole Kidman excelle dans le rôle de cette mère qui sombre peu à peu dans la folie. Tout en retenu, son jeu n’éclate qu’à la fin du film, dans une séquence désespérée et désespérante. La musique drone ambient de Keefus Cianca souligne l’ambiance atmosphérique du film, et invite le spectateur à flotter tout le long du film, au-dessus de ces paysages vertigineux et mystérieux. Je ne reprocherais au long-métrage que quelques longueurs malvenues, qui selon le contexte de projection, ont la fâcheuse tendance à endormir légèrement. Je vous rassure, ça ne m’est pas arrivé (même j’ai un peu lutté).
Tiré du journal du festival de Sitges 2015 : lire l'article entier sur mon blog...