Struck (ou Struck by Lightning), réalisé par Brian Dannelly en 2012, est un film qui semble vouloir briller par son originalité et sa mordacité, mais qui, à mes yeux, finit par s’éteindre faute de souffle narratif et d’authenticité émotionnelle. Si l’intention satirique était séduisante sur le papier, sa concrétisation à l’écran laisse à désirer. Voici pourquoi ce film ne m’a convaincu qu’à hauteur de 3,5 sur 10.
Le postulat de départ – un lycéen ambitieux, sarcastique et prématurément foudroyé, qui raconte sa vie post-mortem – aurait pu donner lieu à une introspection poignante ou à une critique sociale mordante. Or, le film semble hésiter entre ces deux directions, sans jamais s’y engager pleinement. Le ton oscille maladroitement entre comédie noire et drame adolescent, sans jamais atteindre une réelle justesse émotionnelle. On ressort avec la sensation d’un film qui veut trop en dire, mais qui ne prend pas le temps de bien le faire.
Christopher, incarné par Chris Colfer, est au cœur du récit. S’il est indéniablement intelligent et articulé, il manque d’humanité. Son mépris pour son entourage, bien qu’expliqué par une ambition frustrée, rend l’identification difficile. Or, pour qu’un personnage aussi cynique fonctionne, il faut qu’il soit nuancé, voire attachant malgré lui. Ce n’est jamais vraiment le cas ici. Le spectateur reste à distance, ce qui affaiblit la portée émotionnelle de la fin du film.
Le message, quant à lui, paraît confus. Dénonce-t-on la médiocrité ambiante ? Fait-on l’éloge des rêveurs ? Ou regrette-t-on simplement les occasions manquées ? Le film semble vouloir livrer un discours puissant sur la jeunesse, l’ambition et la mortalité, mais il ne parvient pas à donner une direction claire à sa réflexion.
Autre faiblesse notable : les personnages secondaires. Bien que la galerie de portraits du lycée soit variée, elle reste désespérément caricaturale. On effleure les conflits sans jamais vraiment les explorer. La dynamique familiale de Christopher, notamment avec sa mère (interprétée par Allison Janney), aurait pu être une source riche d’émotion et de complexité. Mais ces pistes sont survolées au profit de dialogues piquants, certes, mais parfois creux.
Il serait injuste de nier tout mérite à Struck. Le film a le courage de proposer une narration originale et ose un ton acerbe peu commun dans le teen movie américain. Chris Colfer, également scénariste, fait preuve d’un certain talent pour les réparties cinglantes. Mais cela ne suffit pas à compenser un manque de profondeur et d’humanité.
Struck aurait pu être un électrochoc narratif dans un genre souvent convenu. Malheureusement, il se contente de décharger quelques éclairs sarcastiques sans jamais provoquer de véritable émotion ni de réflexion durable. En dépit d’une ambition palpable, le film reste à mes yeux une occasion manquée : celle de dire quelque chose de fort, autrement.
Ma note de 3,5 sur 10 reflète ainsi une déception : celle d’avoir vu une promesse étincelante s’éteindre sans laisser de trace durable.