Avec la panoplie de genres et sous-genres au cinéma, l'ennuie ne nous est pas permis. De l'action, du drame, de la comédie, de l'aventure, tout le monde en a pour son goût. Aux différents genres qui existent s'ajoutent des sous-genres et, forcément, des attentes qui diffèrent. Dans une même forme d'art, chaque oeuvre est comparable à une autre peu importe le genre ou sous-genre auquel elle appartient. Les attentes, comme le goût, ne fonctionnent pas de cette façon. Par les codes qui régissent les genres, c'est à force de visionnages, de découvertes qu'elles se créent, se développent, changent, évoluent et nous attirent d'abord vers un genre pour plus tard nous en repousser et enfin nous y ramener, avec un regard neuf. Alors que les plus petits d'entre nous s'émerveillent et s'esclaffent devant Maman, j'ai raté l'avion!, Home Alone, de Chris Columbus ou les productions Disney, Pixar ou Dreamworks, l'âge nous redirige ensuite vers des films plus complexes et plus travaillés et, parfois, plus matures. Stuart Little fait partie de ces films qui auraient pu être hybrides, pour les plus et les moins expérimentés, pour les petits et pour les grands, mais qui ont choisi leur camp au détriment de la qualité. Un couple et leur fils qui décident d'adopter non pas un enfant mais une souris avec toutes les aventures loufoques qui en découlent, un concept d'abord prenant et burlesque, qui s'essouffle assez vite pour que les quelques rires se transforment en soufflements de nez, puis en découragement total face à un film qu'on connait sans avoir vu. La mise en scène a ses moments, notamment lorsque nous sommes amenés à voir la vie à la hauteur de Stuart, quand pratiquement tous les dialogues sont d'amusants jeux de mots qui se rapportent à la taille ou aux situations les plus absurdes ou lorsque, sans s'y attendre, le chat des Little se met à parler. Qu'une oeuvre soit destinée aux enfants ne constitue pas un défaut, loin de là, mais hélas, et nous en avons ici encore la preuve, la perte de qualité vient de la volonté d'un réalisateur de donner aux enfants un film qui se déroule comme tous les autres, qui finit encore et toujours de la même manière et dont la mise en scène ne propose rien de nouveau. Les métamorphoses des attentes chez les spectateurs peuvent changer les codes d'un genre, surtout quand elles sont très largement partagées, ou pousser les cinéastes à en jouer, dommage que Rob Minkoff se soit, après une trentaine de minutes de bonnes idées et tentatives fructueuses, contenté d'un film déjà vu.

Barnabe-Bosquet
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le 2 févr. 2026

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