Présenté comme un film catastrophe, Submersion promet une montée des eaux incontrôlable, un danger immédiat, une perte de contrôle. Le titre original, Le Grand Déluge, allait d’ailleurs dans ce sens.
Mais très vite, le film prend une autre direction.
L’eau monte, le danger existe… et pourtant, je ne me suis jamais sentie submergée. Tout semble contenu, organisé, presque maîtrisé. La catastrophe reste dans un cadre, comme si elle ne pouvait jamais vraiment déborder.
On comprend alors que le film ne cherche pas tant le chaos que l’idée de contrôle. Derrière l’inondation, il parle de systèmes, de simulation, d’intelligence artificielle, de ce monde où tout doit être prévu, modélisé, anticipé. Les espaces eux-mêmes donnent l’impression d’un environnement organisé comme si la catastrophe faisait partie d’un programme.
Sur le principe, l’idée est intéressante. Mais comprendre ne suffit pas à créer une émotion.
L’eau, qui aurait pu être une force de rupture, reste ici presque abstraite. Elle monte, mais elle ne détruit pas vraiment. Elle n’efface rien, ne transforme rien. Or l’eau est par nature un médium : elle transmet, elle dissout, elle modifie les formes et brouille les frontières. Dans la logique des éléments, elle porte à la fois la peur et la mémoire, la disparition comme la renaissance.
Ici, elle reste sous contrôle. Elle devient un symbole plus qu’une expérience.
La dernière partie accentue cette impression : le film explique, boucle son idée, mais sans véritable engagement dramatique. La thèse l’emporte sur le récit.
J’ai regardé Submersion avec intérêt, en percevant l’ambition et les intentions derrière le projet. Mais je suis restée à distance, comme si le film pensait plus vite qu’il ne racontait.
Un film intéressant, mais qui ne laissera probablement pas de véritable trace.