Dans ce Vertigo, nouveau thriller psychologique de Alfred Hitchcock, ce qui frappe immédiatement, c’est la maîtrise technique du film. Plus de soixante ans après sa sortie, la mise en scène de Alfred Hitchcock reste d’une modernité impressionnante, portée par une photographie élégante et par le fameux effet de vertioe devenu iconique (ainsi qu'une bande son qui bien que classique d'Hitchcock matche parfaitement avec le récit). Le film n’a pratiquement pas vieilli sur ce plan. À cela s’ajoute la présence de James Stewart, dont le charisme naturel permet de suivre Scottie sans difficulté, même lorsque le récit s’étire. Le twist final, qui donne enfin tout son sens à l’intrigue, demeure particulièrement efficace et apporte une résolution satisfaisante à l’ensemble.
Malheureusement, plusieurs éléments m’ont empêché d’être totalement emporté. Les longues séquences où Scottie suit Madeleine sont monotones et parfois involontairement comiques tant sa discrétion paraît inexistante. Certaines parenthèses oniriques semblent également déconnectées du reste du récit et cassent davantage le rythme qu’elles ne renforcent l’atmosphère. La partie où Scottie tente de transformer Judy en Madeleine est certes essentielle au propos, mais elle s’étire excessivement et devient assez malaisante. Enfin, la conclusion m’a semblé légèrement forcée dans son exécution (j'ai rarement vu avoir peur d'une religieuse).