Summer est une jeune ado sensible et observatrice. Mais voilà que la disparition de son père vient tout bouleverser. C’est alors qu’elle est frappée par la foudre : un éclair en short-crampons du nom de Yeonwoo, la plus populaire du lycée qui plus est. Pour Summer, c’est le temps des grandes découvertes et des questionnements. Comment faire avec les vivants, comment faire avec la mort ? Comment affronter la réalité, sa beauté comme sa dureté ? Summer a besoin de faire le point, alors elle remonte le temps en vitesse lumière.
« Tchal-kak Tchal-kak », merci Kodak. L’appareil photo de Summer est un métrage très lumineux. Sa photographie est aussi claire que sa temporalité est floue. Ses décors, ses costumes et ses accessoires pourraient aussi bien être contemporains qu’appartenir au passé. La narration évolue par inserts interposés. Son récit se lit sur les t-shirts. Les appareils reproducteurs du réels sont particulièrement glamourisés, leurs SFX expressionnistes. La sensualité des argentiques confine à l’ASMR d’obturateurs. Les effets sonores du Nikon de Summer sont amplifiés. Le film paisible se fait bousculer par son intro et ses crédits punk rock. Tumulte sentimental. Le contraste réglé au max. Dans le film, l’orientation n’est pas un sujet grave. Elle fait partie du décor. Le bonheur, ce n’est pas grand chose, c’est du chagrin qui se repose. Le réel objectif ne surgit que par surprise du hors champ : comment surmonter le deuil ? Les vivants sont tous en sursis, mais seuls les affligés le savent. Alors ils tachent d’abolir la mort, en longue focale dans une chambre obscure.